Chroniques-Dortiguier


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Du pavé mosaïque noir et blanc maçonnique à la macronisation


Après la sortie du livre de notre ami Johann Livernette sur le caractère irréligieux, au sens premier, d’être sans scrupule, de la franc-maçonnerie pour laquelle, comme il se voit partout, de la secte traditionnelle des Charbonniers ou Carbonari en Italie d’hier aux Frères musulmans de l’Orient décomposé, en passant par les couleurs du prisme de la lumière aveuglante, nous pouvons indiquer les infiltrations maçonniques dans les institutions qu’elle dirigent sans les avoir créées, mais dont elles abusent du prestige.

À toute enquête sur elles est opposée aujourd’hui, l’accusation de complotisme ou, pourrait-on mieux dire, conjurationnisme, laquelle objection est ancienne, permanente et durera aussi longtemps que l’on pourra lire l’encyclique, latine de droit, car elle s’adresse à tous les peuples, de 1738, de Clément XII « In eminenti » avec cette constatation papale : « Dans certaines sociétés de Francs-Maçons (liberi muratori), des hommes de toutes religions s’engagent, par serment prêté sur la Bible, à cacher par un silence inviolable tout ce qu’ils font dans l’obscurité du secret. S’ils ne faisaient point le mal, ils ne haïraient point la lumière. »

Ce morceau est, par ailleurs, anonymement cité dans Les Cahiers de la Grande Loge de France, en son bulletin intérieur (80 pages), numéroté 25, d’avril 1953, p. 31.

Y figure, pour l’instruction des naïfs et ambitieux, une planche, selon le jargon reçu, ou travail intellectuel, d’un membre d’une loge « à l’Orient de Paris » qui tire ses ressources d’une instruction psychanalytique. L’initié se voit ainsi rappeler qu’à ses pieds, sur le sol carrelé noir et blanc, sont des signes : « En abaissant les yeux vers la terre, mère nourricière, et source d’énergie vitale, il voit la pavé mosaïque, image du monde et symbole de l’union qui règne entre les maçons liés par la vérité. » L’auteur parle de cette vue comme étant celle du « symbole de la juxtaposition du bien et du mal » et « l’expérience lui apprend qu’il vit dans un monde à trois dimensions, et que chaque pierre a plusieurs faces qui lui sont cachées. Et une pierre dont il ne peut apercevoir qu’une face noire est souvent blanche par ailleurs, le contraire est possible, mais qu’importe puisqu’il sait maintenant que seul l’ensemble compte qui est beau et solide. » (p. 50)

Quelles en sont les conséquences ? direz-vous, et en quoi ces lignes nous permettraient-elles de juger de la nocivité ou du danger de l’éducation maçonnique, dans toutes ces loges miniaturisées que sont nos lieux de dialogues, à commencer par les anciennes classes de nos établissements d’enseignement, mais aussi au sein de toutes les sociétés dont la République humanitaire est l’agrégat ? En bref, qu’est-ce que macroniser en politique et en morale ? Quel est le bon candidat, ou pour traduire le latin du mot, quelle est la bonne tenue blanche de celui qui se veut le miroir du peuple, et que vous députerez à Paris Ville-lumière ?

Le paragraphe suivant y répond : « fait lui-même de bien et de mal, il n’en pourra que mieux se pardonner ses mauvais côtés pour ne plus penser qu’à améliorer l’ensemble » et non pas lui même. L’homme, dans cette perspective, n’est ni bon ni méchant, mais solidaire, un rien actif.

Comment se guider dans ce monde obscur sur lequel se projettent des lumières ? La réponse est donnée ; et le frère compagnon, en effet, de faire appel à un autre, chaîne tout à fait naturelle, et l’autre maillon est en effet « un homme non moins génial, Freud » et voici le texte qui est livré à la méditation des compagnons : « L’homme normal n’est pas seulement plus immoral qu’il ne le croit, mais aussi plus moral qu’il s’en doute ; cette proposition n’est d’ailleurs paradoxale qu’en apparence, elle énonce seulement que tant dans le bien que dans le mal l’homme peut beaucoup plus qu’il ne croit, autrement dit qu’il dépasse ce que son moi sait à ce sujet grâce à ses perceptions conscientes. » Par là nous constations que tout l’appareil freudien n’est point empirique, au sens grec ancien, tiré d’observations médicales, mais qu’inversement d’apparentes études cliniques ont été a posteriori présentées, pour que puisse s’imposer un élément typiquement fraternel ou maçonnique, sectaire d’un système inconscient supérieur à tout examen moral ou discernement. L’inconscient devient une force d’imposition d’un vouloir anonyme, toute autre réalité consciente tombant sous les coups, au sens propre et figuré, de l’accusation de fanatisme, de conservatisme, racisme ou anthropo-européo-arabo ou irano-centrisme, par exclusion de moi trop conscient, individuel ou collectif.

Aussi le frère peut-il déduire de cette citation freudienne, d’un homme initié, comme il le faut savoir, que « la philosophie hindoue et la psychanalyse se rejoignent pour admettre que la santé morale et physique siège au milieu de deux extrêmes : donner libre cours à ses instincts ou en refouler d’autres. » Aristote eût écrit que la vertu, ou droiture de l’homme, pour rendre le grec authentique, est un milieu entre deux extrêmes, par abolition justement de ceux-ci et non le balancement entre les deux, comme un tric-trac révolutionnaire, du sang ou du meurtre à l’outrance sentimentale, comme il s’est vu sous les drapeaux marxistes, y compris en Afrique du Sud.

Dans le récit de l’initiation au grade de chevalier Kadosch (« ce mot est hébreu ; il signifie qui renouvelle. Le but de ce grade, écrit l’auteur cité est de renouveler le genre humain, de le faire passer de l’esclavage à la liberté ») du Duc d’Orléans, un courageux auteur, Galast de Montjoye, en 1796, écrit du secret maçonnique dont Clément XII, mais aussi, un demi-siècle après lui, un Kant fait grief à la maçonnerie, en laquelle ils s’accordent à voir un facteur d’immoralité et de troubles publics : « On n’accordait une révélation complète de l’esprit et du but de la société qu’à celui qui était personnellement intéressé à adopter son esprit, à marcher vers ce but. Et pour cela on le soumettait à des épreuves qui conduisaient à connaître jusqu’à quel point on pouvait compter sur sa constance et sa fidélité. Lorsqu’il avait subi toutes ces épreuves, alors tous les secrets lui étaient dévoilés ; alors il savait que les véritables franc-maçons avaient pour devise : Ennemis du culte et des rois. Dès 1789, commente l’auteur, quelques personnes, du nombre desquelles était le baron de Menou membre de la première assemblée constituante, se servaient pour les lettres qu’ils adressaient à leurs amis, d’un cachet où cette devise était empreinte. » (op.cit. Ier tome, 304 pp., livre second, p. 53).

Quelle est cette qualité d’homme que façonne la maçonnerie et nous conduit à cette atmosphère actuelle de faire d’un homme des Jésuites, sorti du collège d’Amiens, aujourd’hui nommé lycée, de la Providence, d’un phénoménologue, nom déformé de son sens premier pour en faire une sorte de positivisme, de la cour intellectuellement malsaine de Paul Ricoeur, d’un collaborateur de la revue Esprit, de ce Macron le candidat porteur de cette obscurité dont la maçonnerie fait la condition de toute autorité sur les êtres ? Poursuivons la lecture de cette « planche » : « Dans un cas, l’homme est anti-social, dans l’autre il refuse sa qualité d’homme. Cette qualité, la Genèse la précise : L’Éternel prit de la boue et façonna l’homme, puis il lui souffla la vie par les narines. » Cette traduction anthropomorphique est ridicule, et son vice est de rabaisser la nature humaine qui ne serait par elle-même, naturellement donc que boue et méprisable, informe, et de faire de Dieu un artisan dans sa boutique et non un prince soucieux de ses sujets, selon une distinction allemande propre à Leibniz.

Ceci étant, pareil mépris est à rapprocher de celui que les lycéens connaissaient autrefois, au temps où le baccalauréat n’était pas aligné sur la monnaie de singe, La Rochefoucauld, que nos vertus ne sont que des vices déguisés.

Cela me permet de répondre à une question posée par notre cher Johan Livernette, de savoir si la référence à un perpétuel complot maçonnique et apparenté, serait une raison suffisante pour expliquer les événements historiques : les sectes ne tirent leur puissance et leur efficacité que des erreurs et des mensonges accumulés ayant débilité le jugement et outré notre capacité de juger de tout sans savoir rien de bien avéré.


C’est la crédulité, qui fait toute leur science, écrivait Voltaire à 18 ans.


Cette science sectaire ou des prêtres des cultes contemporains, repose sur des déformations telles du passé, qui est un trompe l’œil, que des sectaires habiles peuvent se réclamer de profonds mystères, alors que les prétendus lieux traditionnels, les Babylone diverses sont des romans outrés, et tant de sages prétendus disparus à jamais non pas dans l’oubli mais, pire, dans des fables convenues. Le mépris de l’humanité y est une ressource permettant à l’ambition de mépriser toute pudeur, d’où les agapes, réunions d’ambitieux transformées en dégradations morales, pour ne pas évoquer le pire. Cette absence de conscience morale propre, ce mépris de soi et du monde se relève avec un appel à la solidarité, au vivre ensemble, à tous ces contrepoids et soutiens en même temps de l’égoïsme.

Cela conduit à cette mosaïque que nous vîmes dans un musée maçonnique autrichien, où le noir touche au blanc, comme l’impudeur à une virginité reconnue indigne de la conscience et surtout des pulsions inconscientes dont le maçon Freud a dit qu’elles étaient « pour ainsi dire, notre mythologie ». L’Athènes des humanistes était mythique, comme la Rome antique reflet d’une histoire plus récente, tout le reste disparaîtrait-il ? C’est ce dont nous avertit le noble Koran, et si la France se macronise, c’est que la Providence sait  comment trouver le chemin le plus court pour dévoiler ce mystère d’existence dont se nourrit la secte maçonnique incapable de construire, mais faite pour, et détruire, et se détruire.

Que notre lecteur marche sur ce pavé maçonnique, où ?, mais en suivant tous les chemins de nos institutions !

Un aspect de ce pavé noir et blanc est le rôle du Front National et du PS, qui s’affronteront pour éliminer la droite conservatrice, selon le vœu de Mitterrand et Sarkozy y aura, pour parler maçonniquement, apporté sa pierre. Et une fois parcouru le vestibule du temple, la porte s’ouvrira sur les horreurs de la guerre civile, élément de revitalisation maçonnique, comme durant cette Terreur dont le frère gay, Cambacérès fut le juriste, la caution juridique.

Pierre Dortiguier