Entre les tweets du général sanguinaire Khaled Nezzar et les pleurnicheries de la famille de l’autre sanguinaire général Toufik, il y a de quoi se marrer. Ces traîtres à l’Algérie qui l’ont détruite, pillée, meurtrie en assassinant des centaines de milliers de civils pendant une bonne décennie. Ces voyous qui ont mis en place un système de corruption touchant absolument toutes les institutions en commençant par la justice, la police, tous les ministères, les mairies, les préfectures, les médias… osent aujourd’hui demander la clémence ! Faut-il leur rappeler qu’ils ont emprisonné des gens dans les années 90 qui sont toujours en prison à ce jour pour des raisons totalement fallacieuses. Ils ont torturé et traumatisé des dizaines de milliers d’Algériens, ils en ont envoyé quelques dizaines de milliers d’autres dans des camps de concentration au fin fond du désert algérien ! C’est ce même général Toufik qui ose aujourd’hui demander la clémence, lui qui n’en a jamais eu pour personne. Il n’a qu’à se faire soigner dans l’enceinte de l’hôpital comme tous les autres détenus.

D’autant que son maintien en détention provisoire n’a pas été décidé pour garantir sa présence lors de son procès mais pour l’empêcher de comploter contre le régime actuel ou tout simplement de faire disparaître certaines preuves accablantes. De surcroît, lorsque l’on est haut gradé dans l’institution militaire, il faut assumer ses actes jusqu’au bout et ne pas commencer à pleurnicher à la première difficulté.

Pour finir, rappelons que la stratégie de la maladie a été utilisée par tous les dictateurs connus en commençant par Ben Ali, Moubarak… La veille de leur chute, ils sont au pouvoir et disent eux-mêmes ne présenter aucun problème de santé et puis, le lendemain, ils s’affaissent tous sur des fauteuils roulants ou s’allongent sur des civières en nous expliquant qu’ils souffrent de rhumatismes, de diabète ou de je ne sais quelle autre pathologie ! Quelle bande de clowns…


Depuis sa chute à la prison militaire de Blida, où il est incarcéré depuis trois mois, et qui a nécessité une intervention chirurgicale, l’état de santé de l’ex-patron du défunt DRS (Département de renseignement et de sécurité), le général de corps d’armée à la retraite Mohamed Mediène, s’est gravement dégradé.

L’alerte a été donnée par son fils qui, au nom de la famille et dans une lettre destinée à l’opinion publique, a levé le voile sur les conditions dans lesquelles l’ex-premier responsable des services secrets algériens est détenu. « Dix jours après son incarcération, notre père a été victime d’une chute accidentelle à l’intérieur de sa cellule.

Cette chute a entraîné une fracture complexe au niveau du membre supérieur droit. Il est à noter que cet accident est survenu chez un patient âgé de 78 ans aux antécédents dus à une maladie rhumatismale chronique ayant débuté à un jeune âge, lorsqu’il était au maquis durant la Guerre de Libération nationale », a déclaré Sid Ali Mediène dans sa lettre, précisant plus loin : « Malgré l’indécente diffusion en boucle sur les chaînes de télévision locales de la présentation de notre père devant le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida en date du 5 mai 2019, tous les téléspectateurs ont pu constater sa démarche sereine et décidée. Malheureusement depuis sa chute, notre père présente une altération sévère de son état général, une perte totale de la fonctionnalité de son bras avec une aggravation sévère de sa maladie rhumatismale, entraînant une incapacité presque totale de mobilité. »

Le fils de l’ancien patron du défunt DRS a ajouté, par ailleurs, « qu’en raison de toutes ces complications médicales sévères, dues à cette incarcération et à son âge avancé, en plus de toutes les garanties présentées pour sa disposition à répondre à toutes les convocations concernant l’instruction, toutes les demandes de mise en liberté provisoire en vue de lui permettre une prise en charge médicale convenable ont été rejetées par la juridiction militaire ».

C’est la première fois que l’un des membres de la famille du général Toufik sort de sa réserve pour alerter sur les conditions de détention de ce dernier. « Mon père garde, certes, le moral, mais son état physique se dégrade lourdement. Depuis l’intervention chirurgicale qu’il a subie, il y a près de trois mois, il ne tient plus debout. Il est tout le temps sur une chaise roulante et ne fait plus usage de son bras droit. Ces derniers jours, il a refusé de prendre ses médicaments pour contester les conditions de sa prise en charge médicale. Son état est inquiétant », a lancé Sid Ali Mediène. « Nous voulons juste que ses droits de détenu soient respectés.

La plaie de l’intervention qu’il a subie à l’épaule n’est toujours pas guérie. Il souffre de douleurs articulaires en raison de sa maladie rhumatismale, aggravée par la détention. Son état de santé est très affecté. Il risque de ne pas sortir vivant de sa cellule…», a déclaré Sid Ali Mediène. Cet appel, a-t-il souligné, « est pour la famille la seule voie qui lui reste pour sensibiliser les responsables et faire en sorte qu’il puisse être dans des conditions qui lui permettent de soigner ses maladies et non pas les aggraver ».

L’ex-patron des services secrets algériens n’est pas le seul détenu dont la détention a eu de graves conséquences sur son état de santé. Le général Benhadid risque de mourir au pavillon pénitentiaire de l’hôpital Mustapha Pacha, à Alger, alors que Louisa Hanoune, détenue à Blida, vit avec la menace d’une éventuelle rupture de médicaments de ses quatre lourdes pathologies, ce qui peut lui être fatale à tout moment. De nombreuses voix s’élèvent chaque jour contre le recours systématique à la détention, notamment des personnes dont la  santé est fragile.


Photo d’illustration : Zineb Oubouchou dite Salima Tlemçani, journaliste à El Watan [Algérie] « spécialiste » des problèmes de sécurité et proche du DRS

Salima Tlemçani

El Watan [Algérie]

25 juillet 2019