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Voici l’article alarmiste lancé par Fidel en 2013, qui signa sur ce thème son grand retour dans les colonnes de Granma, et qui portait uniquement sur ce sujet. Il y est revenu ensuite de nombreuses fois. Il y attaquait bien sûr les État-Unis, passage obligé pour dire quoi que ce soit à Cuba, mais il y morigénait surtout, quoi que « amicalement », la Corée du Nord pour ses expérimentations nucléaires, qui sont à visées plus intérieures qu’extérieures. Nous étions alors sous Obama qui, lui, n’a pas fait la moindre provocation contre la Corée du Nord. Or à notre connaissance, Fidel n’a jamais de sa vie critiqué le moindre allié de son vivant, ni l’URSS, ni la Chine. Il n’a critiqué Staline que bien longtemps après sa mort.


« Maintenant qu’elle a fait la preuve de ses avancées techniques et scientifiques, nous lui rappelons ses devoirs envers les pays qui ont été ses grands amis, car il ne serait pas juste qu’elle oublie que cette guerre toucherait tout spécialement plus de 70 % de la population de la planète.« 


Le devoir d’éviter une guerre en Corée

J’ai signalé voilà quelques jours les graves périls qui menacent aujourd’hui l’Humanité. La vie intelligente est apparue sur notre planète, sauf nouvelles découvertes qui l’infirment, il y a environ deux cent mille ans.

Ne confondons pas l’existence de la vie intelligente avec l’existence de la vie qui est apparue voilà des millions d’années sous ses formes élémentaires dans notre système solaire.

Il existe une quantité pratiquement infinie de formes de vie. Les scientifiques les plus éminents du monde ont même déjà conçu l’idée, à partir des instruments les plus perfectionnés, de reproduire les sons qui suivirent le big bang, cette grande explosion survenue voilà plus de 13,7 milliards d’années.

Cette introduction serait trop longue, n’eut été qu’elle traduit bien la gravité de la situation incroyablement absurde qui vient de se créer dans la péninsule coréenne, dans une zone géographique où vivent presque cinq des sept milliards d’habitants de notre planète.

C’est là un des pires risques de guerre nucléaire qui apparaît depuis la crise des Missiles de 1962, déclenchée autour de Cuba voilà 50 ans.

La guerre qui éclata dans cette péninsule en 1950 coûta des millions de vies. Cinq ans à peine auparavant, deux bombes atomiques avaient tué et irradié en quelques minutes des centaines de milliers d’habitants des villes civiles d’Hiroshima et de Nagasaki.

Le général Douglas MacArthur voulut utiliser les armes atomiques contre la République populaire démocratique de Corée, mais même Harry Truman le lui interdit.

La République populaire de Chine perdit, selon ce qu’on affirme, un million de soldats pour empêcher qu’une armée ennemie ne s’installe à ses frontières. Pour sa part, l’URSS livra des armes, et fournit un appui aérien et une aide technologique et économique.

J’ai eu l’honneur de connaître Kim Il Sung, une figure historique, quelqu’un de notoirement courageux et révolutionnaire.

Si une guerre éclatait, les peuples des deux parties de la péninsule seraient les premiers décimés, sans le moindre avantage pour eux.

La République populaire démocratique de Corée a toujours été amicale envers Cuba, de la même manière que Cuba l’a été et le restera. Maintenant qu’elle a fait la preuve de ses avancées techniques et scientifiques, nous lui rappelons ses devoirs envers les pays qui ont été ses grands amis, car il ne serait pas juste qu’elle oublie que cette guerre toucherait tout spécialement plus de 70 % de la population de la planète.

Si un conflit de cette nature éclatait, Barack Obama, au second mandat de son administration, serait enseveli sous un monceau d’images qui en ferait le personnage le plus sinistre de l’histoire des États-Unis. Le devoir de l’éviter lui incombe, à lui et au peuple de ce pays.

Fidel Castro Ruz
Le 4 avril 2013
23h 12