Goodyear-amiens-nord-8-janvier-2014


Quand on pense que c’est pendant la gouvernance socialiste que la justice a condamné arbitrairement 8 personnes sur des dizaines (pour des raisons curieuses !), on se dit que le monde ne tourne pas rond. Que même les patrons ont refusé de porter plainte ; mais non, l’état socialo veut terroriser le salarié pendant que les patrons voyous délocalisent et défiscalisent en toute impunité. Quand on pense que la doxa essaie de nous vendre le bankster Macron comme le meilleur élément du gouvernement, on peut se dire sans risquer de se tromper que la fin du PS est très proche.


Une sévérité inédite qui fait hurler les syndicalistes et certains politiques. Huit ex-salariés de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord ont été condamnés mardi à neuf mois de prison ferme pour la séquestration en 2014 de deux cadres dirigeants de l’entreprise.

Ce mercredi beaucoup de voix, dont celle de la secrétaire d’Etat aux Droits des femmes, se sont élevées pour exprimer leur solidarité avec les salariés condamnés.

#Goodyear Au-delà des fonctions et responsabilités, devant une si lourde condamnation, je ne peux qu’exprimer mon émotion fraternelle.
— Pascale Boistard (@Pascaleboistard) January 12, 2016

Cette décision de justice est une première, car jusqu’alors les séquestrations, violences ou sabotages par des salariés à bout, étaient rarement sanctionnées. Sur 23 séquestrations de dirigeants en France depuis 2009, une seule a donné lieu à une condamnation à une amende. Trois postiers avaient ainsi écopé de 1.500 euros d’amende. Il faut remonter à 1999 pour retrouver une condamnation à deux mois de prison avec sursis à l’encontre de deux manifestants pour avoir retenu le directeur de l’entreprise de chaussures Myrys à Limoux (Aude).

Même le saccage de la sous-préfecture de Compiègne n’avait donné lieu qu’à 1.300 euros de dommages et intérêts, que devaient verser solidairement à l’Etat six anciens ouvriers de l’usine Continental de Clairoix.

« Un changement de regard de la justice »

Pourtant la séquestration est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende (si elle a duré moins de sept jours) et de vingt ans de réclusion criminelle et de 150.000 euros (si elle dépasse cette durée). « Mais jusqu’alors, les juges décidaient des condamnations modérées pour assurer une forme d’apaisement social. Ils ne considéraient pas uniquement l’acte répréhensible, mais prenaient en compte le sentiment de désespoir des salariés », explique à 20 minutes Patrick Henriot, secrétaire national du Syndicat de la magistrature.

L’affaire Goodyear semble donc marquer un tournant de la justice à l’égard des délits commis dans le cadre de fortes tensions sociales en entreprise : « Cette décision est un changement de regard de la justice sur les mouvements sociaux engendrés par le désespoir. Elle veut désormais se montrer intransigeante dans ces cas-là. Cela prouve que certains juges adhèrent aux principes de l’économie libérale et à la dureté de ses conséquences sociales », estime Patrick Henriot.

Une analyse que ne partage pas Olivier Philippot, avocat en droit social, même s’il fait le même constat : « Pour prendre sa décision, le juge a pris en compte les particularités de l’affaire et la personnalité des anciens salariés. Il a d’abord tranché une question juridique, même s’il a été forcément influencé par le contexte du moment, à savoir l’affaire des violences à Air France ».
Une décision politique pour certains

Outre l’influence du contexte social, certaines voix vont plus loin en déclarant que ces condamnations portent la trace du politique.

« Le procureur de la République a décidé seul de demander une peine d’emprisonnement. Il est le porte-parole du gouvernement et la lourdeur de la condamnation peut nous interroger sur le fait que cette demande a été faite au plus haut niveau de l’État, de l’Élysée ou de Matignon », a ainsi dénoncé mardi sur LCI le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon lui a emboîté le pas.

8 ouvriers #Goodyear condamnés à 24 mois de prison dont 9 fermes. Pourtant pas de plainte. Merci Taubira.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 12, 2016

Reste à savoir si cette décision de justice sévère restera isolée ou sera suivie par d’autres. Le jugement des cinq salariés d’Air France poursuivis pour violences en réunion sera forcément symbolique…