Ce qui se passe avec Google est choquant à double titre. Premièrement, aucune autorité officielle ne bouge, aucun organisme (Cnil) n’enquête, ne demande des comptes ou ne sanctionne. Pire encore, et c’est là le deuxième point, les gens continuent d’acheter ces produits qui les espionnent quotidiennement, ce qui donne une idée assez précise sur leur degré de servilité…


Le média belge VRT a indiqué avoir pu écouter plus d’un millier d’enregistrements issus d’appareils situés en Belgique ou aux Pays-Bas, dont 153 captés accidentellement.

La firme évoque un travail « nécessaire à la création de produits ». Google a reconnu, jeudi 11 juillet, que ses employés ont accès aux enregistrements de l’Assistant Google, après des révélations du média belge VRT (en flamand). Dans un communiqué, l’entreprise explique que des spécialistes du langage écoutent les enregistrements d’utilisateurs de l’assistant vocal afin d’améliorer sa compréhension des différentes langues et des accents.

VRT a indiqué avoir pu écouter plus d’un millier d’enregistrements issus d’appareils situés en Belgique ou aux Pays-Bas, dont 153 captés accidentellement. Parmi ceux-ci, des utilisateurs discutant de leur vie amoureuse ou de leurs enfants, et fournissant des informations personnelles comme leur adresse.

Enquête sur la fuite de données

Google affirme que ses équipes enquêtent sur la fuite de données audio de la part d’un employé qui n’a « pas respecté [leur] politique de sécurité des données ». « Nous procédons à un examen complet de nos dispositifs de sécurité afin d’éviter que cela se reproduise », promet l’entreprise. Elle indique que ses employés n’ont accès qu’à 0,2% des enregistrements et que ces derniers ne sont « pas associés aux comptes des utilisateurs ».

Normalement, l’Assistant Google ne s’active que lorsque l’utilisateur l’interpelle, en appuyant sur un bouton ou en disant « OK Google ». L’entreprise admet qu’il peut enregistrer par erreur, quand le logiciel interprète « du bruit ou des mots en arrière plan » comme étant le mot-clé.


Photo d’illustration : des assistants vocaux de Google, à Barcelone (Espagne), le 1er mars 2018. (JOAN CROS / NURPHOTO / AFP)

12 juillet 2019