Il devait incarner l’exemplarité, la déontologie, la bonne science, il incarne désormais le malaise, la « fraude ». Le 22 septembre 2026, Le Monde a révélé une omission embarrassante à Santé publique France. Son nouveau référent à l’intégrité scientifique, Hervé Maisonneuve, n’avait pas déclaré ses liens avec l’industrie pharmaceutique (Pfizer). L’homme chargé de surveiller l’honnêteté des autres avait donc négligé la sienne.
Des sommes loin d’être anecdotiques
Pour mesurer l’ampleur de l’oubli, il suffit de consulter la base publique Transparence Santé. Sa société de rédaction médicale, H2MW, y figure avec une série de paiements signés Pfizer. Entre janvier 2021 et avril 2023, le laboratoire lui a versé 118 650 € de rémunérations. Ces sommes reposent sur trois conventions de 26 250 €, présentées comme des contrats d’expertise ou de recherche. Plus de 100 000 € d’un seul industriel en deux ans : difficile de parler d’un simple détail. On parle de beaucoup d’argent ! On sait que ces sommes affichées ne représentent pas la totalité des versements comme il le dit lui-même.
Hervé Maisonneuve, l’arroseur arrosé
Le plus troublant se trouve pourtant ailleurs. En 2019, Hervé Maisonneuve écrivait pour l’AFIS que ne pas déclarer ses conflits d’intérêts relevait de la fraude. Il y démontait même l’excuse classique de la base de données pas à jour. Aujourd’hui, sa défense ressemble étrangement à celle qu’il dénonçait : il promet de mettre à jour ses déclarations ! Quel culot ! Rien ne les arrête !
Santé publique France n’a rien vérifié
Au-delà de l’homme, c’est la nomination elle-même qui pose question. Une recherche de son nom sur Transparence Santé aurait suffi, et personne ne l’a visiblement faite. Or, depuis 2021, chaque université et organisme de recherche doit désigner un référent à l’intégrité scientifique. Les profils compétents ne manquaient donc pas en France. Pourquoi avoir choisi quelqu’un lié à Pfizer, sans le moindre contrôle préalable ? Tout simplement car c’est Big Pharma qui impose ses pions aux postes à responsabilités pour protéger ses intérêts.
Deux poids, deux mesures
Ce choix envoie un signal désastreux au monde de la recherche. D’un côté, on exige des scientifiques une transparence totale sur leurs financements. De l’autre, on ferme les yeux sur celui qui doit précisément les juger. Difficile, dans ces conditions, de demander aux chercheurs de prendre la règle au sérieux. Surtout, que fera-t-il lorsque nous critiquerons la corruption spectaculaire de Pfizer qui collectionne les condamnation judiciaires depuis des décennies ? On le sait déjà ! Il nous traitera de « complotistes » et « d’antivax » !
Et maintenant ?
Reste une question simple : Hervé Maisonneuve restera-t-il en poste ? À ce stade, rien de publié ne dit pourquoi l’agence l’a choisi plutôt qu’un autre. En revanche, le conflit d’intérêts est avéré, et il suffit largement à le disqualifier. S’il est maintenu, et il le sera, le soupçon d’un système corrompu qui protège les siens deviendra impossible à balayer. Rappelons la corruption de l’ANSM par Servier et sa condamnation judiciaire dans l’affaire meurtrière du Mediator !




























