Comment est-il possible d’infliger une amende aussi ridicule à cette entreprise qui a réalisé un milliard d’euros de chiffre d’affaire avec le Mediator en tuant au moins 2000 patients ?!! Pas même une peine de prison contre les responsables corrompus et avides de l’ANSM ou de Servier ! Il n’y a pas de justice en France, c’est un fait. On peut tromper, tricher, voler et tuer 2000 personnes en 30 ans sans risquer une seule nuit en prison !


Le tribunal de Paris reconnaît les laboratoires Servier coupables de « tromperie aggravée » et d’« homicides et blessures involontaires », plus de dix ans après l’un des plus grands scandales sanitaires français.

Le premier jugement a été rendu lundi matin par le tribunal correctionnel de Paris concernant le scandale du Mediator. Les laboratoires Servier sont donc reconnus coupables de « tromperie aggravée » et d’« homicides et blessures involontaires ».

Les laboratoires Servier sont ainsi condamnés à 2,7 millions d’euros d’amende. Par ailleurs, l’ex-numéro 2 du groupe Servier est condamné à quatre ans de prison avec sursis.

Également sur le banc des accusés : l’Agence du médicament, condamnée, elle, à 303 000 euros d’amende. Jugée pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du Mediator, l’Agence a « failli dans (son) rôle de police sanitaire et de gendarme du médicament », a estimé le tribunal correctionnel.

« Malgré la connaissance qu’ils avaient des risques encourus depuis de très nombreuses années, […] ils n’ont jamais pris les mesures qui s’imposaient et ainsi trompé » les consommateurs du Mediator, a déclaré la présidente du tribunal correctionnel, Sylvie Daunis. Le groupe pharmaceutique a toutefois été relaxé du délit d’« escroquerie ».

La question au cœur des débats est la suivante : comment ce médicament, présenté comme un antidiabétique mais largement détourné comme coupe-faim, a-t-il pu être prescrit pendant trente-trois ans malgré les alertes répétées sur sa dangerosité ?

Les débats ont démarré en septembre 2019 pour s’achever en juillet 2020, après une suspension lors du premier confinement. Le tribunal a planché sur le délibéré pendant neuf mois. Plus de 6 500 personnes sont constituées parties civiles.

Irène Frachon, la pneumologue de Brest qui a révélé le scandale en 2010, « attend que le tribunal nous donne une autopsie d’un drame sanitaire. Pendant le procès, on a tout détaillé depuis les années soixante. C’est une occasion unique », dit-elle. « J’espère que le tribunal nous donnera les clés pour comprendre comment une telle tromperie a pu tenir aussi longtemps ».


Photo d’illustration : Mediator Fred Tanneau AFP/Archives

Médiator : 2,7 millions d’euros d’amende pour les laboratoires Servier

La Rédaction avec AFP
29 mars 2021