Au lieu de faire leur travail de délivrance des médicaments à la réception de l’ordonnance d’un médecin, certains pharmaciens se ridiculisent à jouer les délateurs au gouvernement ! On ne les a pas entendu dénoncer le criminel Mediator, le Vioxx, la Dépakine, la Diane 35… L’Histoire s’en souviendra et ce corps médical aura du mal à se débarrasser de cette ignominie !


Après les prescriptions hors AMM de quinine, chloroquine, hydroxychloroquine et azithromycine dans le Covid-19, les pharmaciens sont confrontés, dans les ordonnances de patients suspectés de Covid-19, à de nouvelles molécules comme l’ivermectine et le montélukast…

L’emballement des prescripteurs est toujours réel pour l’hydroxychloroquine, associée ou non à l’azithromycine, mais de nouvelles tendances se font jour. Les pharmaciens sont de plus en plus nombreux à s’interpeller sur Twitter pour signaler l’arrivée de prescriptions d’ivermectine ou de montélukast. La faute aux médias et aux réseaux sociaux.

Lundi dernier, « Le Parisien – Aujourd’hui en France » interrogeait trois médecins sur un protocole qu’ils expérimentaient sur leurs patients. Au menu : azithromycine, zinc, montélukast, et pour les cas graves de l’héparine à faible dose en sus. Si les trois praticiens reconnaissent que leurs prescriptions et leurs résultats ne s’apparentent en rien à une étude clinique rigoureuse, ils affirment que ce protocole semble efficace sur plusieurs centaines de patients traités. Il n’en fallait pas plus pour que la recette soit reprise par d’autres médecins… et cause un nouveau désarroi à l’officine.

D’autant que la médiatisation d’une étude australienne ayant obtenu de bons résultats avec l’utilisation de l’antiparasitaire ivermectine contre le SARS-CoV-2 in vitro, a aussi provoqué l’apparition de nouvelles prescriptions. Outre les questions comme « sur quelle base refuser de délivrer ces prescriptions hors AMM ? », les pharmaciens s’inquiètent avant tout de ces études en vie réelle qui ne disent pas leur nom.

Dans ce cadre, le Réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) interpelle les officinaux pour qu’ils fassent remonter toute information sur les prescriptions hors AMM non autorisées dans le Covid-19. Pour cela, il recommande non seulement de renseigner ces prescriptions auprès du CRPV dont le pharmacien dépend, mais aussi de se rendre sur le site du projet mésange, dédié à « l’identification et la remontée des situations de mésusage liées à la prescription et à l’utilisation des médicaments en ambulatoire ». Mise en avant par les CRPV lors des premières prescriptions d’azithromycine et d’hydroxychloroquine, la plateforme est ouverte à toutes les prescriptions hors AMM dans le Covid-19 en ambulatoire. Un message relayé notamment par la Société française des sciences pharmaceutiques officinales (SFSPO).


Photo d’illustration : coronavirus Crédit photo : Phanie

MÉLANIE MAZIERE

Le Quotidien du Pharmacien.fr

16 avril 2020