Deux ans et demi après la violente manifestation de Sainte-Soline, une nouvelle polémique éclate. Des vidéos tournées par les gendarmes le 25 mars 2023 refont surface, révélant des comportements très graves restés pourtant sans suite. Mediapart et Libération ont dévoilé ces enregistrements, montrant notamment des tirs tendus et des propos choquants tenus par certains militaires parlant d’éborgner les manifestants, de leur tirer dans les parties intimes, de multiplier les tirs tendus illégaux allant jusqu’à utiliser le terme « tuer » ! C’est ahurissant, à peine croyable, on a l’impression qu’il s’agit de militaires sur le front de l’est en 39-45 ! Pourtant il s’agit des forces de l’ordre qui doivent gérer une simple manifestation contre un projet de méga-bassine à Sainte Soline que tout le monde sait aujourd’hui nocif pour l’environnement.
Pourtant, ces images avaient été transmises à la justice peu après les faits. L’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) les avait visionnées dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte à Rennes. Cependant, malgré leur contenu accablant, aucune sanction administrative ni poursuite pénale n’a suivi. Cette inertie interroge la répartition des responsabilités entre la justice et la gendarmerie.
Nouveaux mensonges…
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé que tout s’était déroulé selon la procédure. Selon lui, les vidéos étaient « sous main de justice » et ne pouvaient être exploitées autrement. Néanmoins, plusieurs éléments contredisent cette version. D’abord, l’IGGN aurait omis de transmettre l’intégralité des passages problématiques au parquet. Ensuite, rien n’empêchait l’ouverture parallèle d’une enquête administrative pour examiner les manquements déontologiques.
Ainsi, le rôle et l’indépendance de l’IGGN se retrouvent au cœur du débat. Ce service, censé contrôler les gendarmes, semble avoir filtré les informations transmises aux magistrats en protégeant les coupables. De plus, plusieurs escadrons n’ont jamais fourni leurs images, évoquant des problèmes techniques ou des effacements automatiques. Ces zones d’ombre nourrissent les soupçons de dissimulation.
Tout ça pour ça !
Pire encore ! Le mercredi 18 décembre dernier, la cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé l’autorisation environnementale délivrée en 2017 pour quatre projets situés dans le Marais poitevin, dont la très médiatisée retenue de Sainte-Soline ! Selon la cour, ces infrastructures menacent directement l’outarde canepetière, une espèce d’oiseau protégée en voie de disparition. Tout ça pour ça !
Enfin, le plus important, au lieu de parler de cette très grave affaire d’état, la France est plongée dans des histoires stériles sans fin, des faits-divers qui n’ont pour objectifs que de divertir et de tromper le public en l’éloignant des vrais problèmes qui le concernent. Le plus important à analyser est le fait de savoir comment les forces de l’ordre se sont transformées en ennemis des citoyens français comme tout le monde a pu le constater avec la gestion des Gilets jaunes ou cette manifestation de Sainte-Soline ! Comment on en est arrivé à entendre un gendarme d’une vingtaine d’années jouir d’éborgner un citoyen français ? Comment des gradés de la gendarmerie peuvent-ils multiplier les ordres illégaux en toute impunité causant des blessures irréversibles sur les manifestants !






























