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Des soldats israéliens lancent des grenades lacrymogènes à la frontière entre Gaza et Israël, vendredi 30 mars. — Majdi Mohammed/AP/SIPA

Bah oui, c’est une question de sécurité nationale, il faudrait pas que le monde voit à quel point les soldats Pampers de l’entité sioniste criminelle sont inhumains, du coup faut interdire de les filmer et de diffuser les vidéos sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que se comporte la « plus grande démocratie au Moyen-Orient » selon la propagande officielle sioniste. Qu’en est-il de la sécurité physique des Palestiniens, c’est un petit peu le dernier souci de ces criminels…


Le projet de loi prévoit jusqu’à dix ans de prison pour toute personne filmant, photographiant ou enregistrant des soldats en vue de « porter atteinte à la sécurité de l’État »… 

Le gouvernement israélien a donné son feu vert dimanche à un texte de loi prévoyant jusqu’à dix ans de prison pour toute personne filmant, photographiant ou enregistrant des soldats en vue de «porter atteinte à la sécurité de l’Etat», selon le ministère de la Justice.

Jusqu’à dix ans de prison

Le projet présenté par le parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou dirigé par le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, prévoit de condamner à cinq ans de prison des «personnes qui filment, photographient ou enregistrent des soldats lors de leur service de manière à démoraliser les soldats et les civils israéliens».

Mais cette peine peut être doublée dans les cas où ces images et enregistrements visent à «porter atteinte à la sécurité de l’Etat». Les mêmes peines d’emprisonnement peuvent également être prononcées, selon ce texte, aux personnes diffusant ces documents dans les médias et les réseaux sociaux.

Les ONG « anti-israéliennes » visées

Selon les initiateurs du projet, des ONG locales «anti-israéliennes», ainsi que des groupes liés au BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), passent «des jours aux côtés de soldats israéliens, attendant avec impatience un acte qui puisse être enregistré de manière biaisée et utilisé pour les dénigrer».

Le ministre de la Défense a salué le vote ministériel, affirmant qu’il allait «mettre fin» aux tentatives de «ceux qui soutiennent le terrorisme» en vue «d’humilier, de déshonorer et de nuire» aux soldats.

Une loi « dangereuse et antidémocratique »

«Si quelqu’un se conduit correctement, il n’a pas besoin de cacher quoi que ce soit», a répondu sur Twitter Ksenia Svetlova, députée de l’opposition du parti Union sioniste. Elle a jugé la loi «dangereuse et antidémocratique».

Selon l’Institut pour la démocratie israélienne, un groupe de réflexion libéral, la formulation ambiguë du projet de loi pourrait empêcher quiconque à l’exception de l’armée de filmer, de photographier ou d’enregistrer les soldats israéliens dont les actes pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires devant des instances internationales. Avant d’entrer en vigueur, ce projet doit être voté en trois lectures par le Parlement et ne pas être retoqué par la Cour suprême.

Ce texte a été déposé quelques semaines après la libération anticipée après neuf mois de prison d’un soldat israélien reconnu coupable d’avoir achevé un assaillant palestinien blessé. Il avait été condamné à 18 mois de prison, après qu’un caméraman Palestinien de l’ ONG israélienne B’Tselem avait filmé la scène à Hébron en Cisjordanie. A l’époque Avigdor Lieberman s’était prononcé contre l’inculpation du soldat et dénoncé B’Tselem.


20 minutes / AFP