J’ai lu l’article de Monsieur Kamel Daoud dans le torchon d’extrême droite, Le Point, ; il avait pourtant annoncé, il y a peu, qu’il arrêtait le journalisme. J’ai également suivi sa prestation pathétique dans Salut les terriens du 13 octobre avec les huit invités du plagiaire Ardisson qui l’a pris chaleureusement dans ses bras en le félicitant, ce qui en dit long sur la qualité de son travail. J’ai été interloqué par un propos de M. Kamel Daoud lors de son interview expliquant que la chose la plus importante en Occident, une des valeurs cardinales, si ce n’est la seule et unique valeur : l’orgasme ! J’ai compris à ce moment précis que j’avais affaire au néant.

En ce qui concerne l’article ci-dessous publié dans le magazine Le Point à propos d’Eric Zemmour, Monsieur Kamel Daoud démontre, s’il en était encore besoin, qu’il ne rate jamais une occasion de tirer à côté, d’être hors sujet. Il explique dans son papier, à la fin du magazine contrairement à BHL qui publie son bloc-notes tout au début, qu’il ne faut surtout pas censurer Éric Zemmour et au contraire lui répondre par des arguments sur le terrain. Ah bon ! A-t-il seulement été envisagé ne serait-ce qu’une milliseconde, de censurer en France Monsieur Éric Zemmour, alors qu’il est en train de réaliser une campagne de promotion gigantesque de son dernier livre, digne des plus grandes stars américaines en tournée dans l’Hexagone ! De quoi parle-t-on ? La censure d’Éric Zemmour est un non-sujet puisqu’elle n’existe pas ; il n’y a donc pas lieu de la combattre. La seule et unique question intéressante à poser serait la suivante : pourquoi malgré les condamnations judiciaires pour incitation à la haine raciale, Monsieur Éric Zemmour continue-t-il à être invité sur les plateaux télé, à avoir une chronique sur une des plus grandes radios de France, à écrire dans les journaux les plus importants sans jamais être inquiété ? Si Monsieur Kamel Daoud ne comprend pas cela, il faudra qu’il cesse d’écrire immédiatement et qu’il aille s’occuper d’autre chose où il pourrait se rendre plus utile…


Il ne faut pas censurer Éric Zemmour, « cet identitaire qui ne recule devant rien ». Si on a peur de l’écouter, c’est qu’on a peut-être peur de le croire.

Cela fait une semaine que je lutte contre la tentation d’écrire sur Zemmour. Les raisons ? Diverses. D’abord, je ne supporte pas l’injonction : des Maghrébins français ou d’exil me le demandaient avec insistance, comme pour s’offrir la voix d’un avocat de la défense contre un avocat du diable. Ils manquaient d’une voix pour punir ce metteur en scène de lui-même, cet identitaire qui ne recule devant rien et, pour cela, rien de mieux qu’un écrivain du Sud, peut-être, un représentant de l’autre « souche ». Et cela m’incommode.

L’autre raison est que Zemmour n’est pas unique. Il en existe au Sud, dans les pays dits arabes. Là aussi s’appeler Jacques ou Senghor n’est pas accepté, est signe d’étrangeté irréductible, source d’exclusion, de racisme et de discours sur la pureté. Se convertir à l’islam, par exemple, a normalisé cette habitude d’imposer au converti de changer de prénom (comme dans d’autres religions) ! Mais il ne faut pas le dire. Le mal, c’est toujours l’autre et nos racismes ont l’excuse de notre histoire de victimes et nos prétextes d’ex-colonisés. Le culturel, et son exception tant affirmée, excusera alors nos refus et l’insulte qu’on fait de notre côté aux étrangers. Le zemmourisme existe chez moi, chez nous, dans nos pays, tout comme la christianophobie, et je ne peux me résoudre à m’indigner de l’un sans penser à l’autre et à le dénoncer. L’extrême droite existe chez nous aussi, au nom de la souche, de l’identité ou de la confession, et se pare des arguments du communautaire ou des différences que l’on veut agiter en drapeau. Zemmour signifie aussi « olives » en amazigh, langue pratiquée dans le pays d’origine de ce monsieur, et on sait que les prénoms amazighs, en Algérie, ont mis des décennies à se faire accepter, partiellement d’ailleurs, en terre de l’identité « arabe » exclusive.

Orthodoxie dérangeante. Encore une raison ? Oui : quand on voit le diable Zemmour partout, c’est que, en face, s’affirme une orthodoxie qui me dérange, une sorte de norme proportionnelle liée par la même mécanique. Un confort même. Pour cela, Zemmour, il ne faut pas l’interdire de médias, je suis désolé de le soutenir. Son discours est le mal audible et nécessaire pour qu’on puisse lui répondre, le démanteler. Le refoulé […]


Kamel Daoud – Le Point