La justice suisse viendra auditionner Ramadan en France

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C’est insensé de devoir constater à quel point la justice française est lente. Alors qu’il n’a fallu qu’une semaine à la justice suisse pour émettre une demande d’audition début septembre 2018, on peut constater qu’il a fallu un an ou presque juste pour y répondre ! On imagine que la suite sera encore plus lente vu que ce n’est que le début de la procédure. C’est ainsi que fonctionne la justice en France depuis assez longtemps maintenant, en raison du manque criant de moyens octroyés…


Jamais entendu dans ce volet de l’affaire, Tariq Ramadan, accusé de viol par une femme en Suisse, devrait être auditionné en France cet automne et confronté à son accusatrice.

Après un an de valses et d’hésitations entre Genève et Paris, ce seront finalement les Suisses qui se déplaceront en France pour interroger Tariq Ramadan, sous le coup de trois plaintes pour viol en France et d’une quatrième à Genève, selon des informations recueillies par Libération et Europe 1 auprès de sources proches du dossier.
Pour le moment, le théologien n’a toujours pas été interrogé dans le volet suisse, Brigitte (un prénom d’emprunt) l’accusant de l’avoir violée et séquestrée dans un hôtel de Genève, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008. A ce jour, il n’a pas non plus été confronté à son accusatrice.
« Une demande d’entraide internationale a été adressée aux autorités françaises », confirme, de son côté, à Libération, Marc Guéniat, porte-parole du département de la justice genevois. Il indique également que la justice française n’avait toujours pas l’intention d’autoriser Tariq Ramadan à se rendre à Genève. Dans les faits, il revient désormais aux juges français de fixer une date pour les auditions et les confrontations.

Interdiction de quitter le territoire

Le 22 janvier, les juges d’instruction français avaient déjà indiqué, selon des documents consultés par Libération et Europe 1, à leurs homologues genevois que Tariq Ramadan ne pouvait bénéficier d’une levée de son contrôle judiciaire, incluant une interdiction de quitter le territoire. Ce refus rendait impossible son audition en Suisse. Pour expliquer leur décision, les juges pointaient le «risque de soustraction de l’intéressé à la justice française». En clair, ils redoutaient une fuite à l’étranger.
Dans la foulée à cause de la décision française, le procureur suisse avait été, lui, contraint d’annuler les auditions de Tariq Ramadan, de la plaignante et de témoins qu’il avait fixées en février et mars 2019.
De leur côté, les juges d’instruction français avaient requis d’avoir accès au dossier de la procédure en Suisse. Selon les informations du quotidien helvétique Le Temps, «les compléments sollicités par les autorités françaises ont été apportés en mars 2019»
 


Photo d’illustration : Tariq Ramadan lors d’une conférence à Bordeaux en mars 2016. Photo Mehdi Fedouach. AFP

Bernadette Sauvaget
Libération

7 août 2019

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