Chroniques-Dortiguier


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La prophétie présidentielle d’Attali pour 2018


Dans un livre, qui se veut un thriller, un vrai roman policier ou plutôt une évocation sadique de la France post-élection présidentielle accablée de maux, dans une Europe terrorisée par des attentats toujours plus audacieux, mais énigme policière mettant en valeur, sous la plume de l’Algérois d’hier, une commissaire marocaine Fatima Hadj qui a l’instinct sûr de flairer le racisme et de ne pas séparer la morale de la démocratie, autrement dit la richesse et le pouvoir de la corruption inhérente aux influences politiques, bref, une fille à la page, divorcée, couple mixte, élevée à Dunkerque par un père de condition modeste, désirant reposer après sa mort dans son village natal et dont la mère prend un amant, bref ayant toutes les garanties de la vision démocratique sur la relativité du Bien et du Mal, il est dit du Président de la République française que « son élection avait été une énorme surprise » (p.12).

« Le nouveau président français s’intéressait peu aux affaires internationales, alors que la Chancelière d’Allemagne, réélue avec beaucoup de difficultés en septembre 2017 etc. » (p.14). La même page annonce la démission du Premier Ministre britannique « désavouée pour sa mauvaise gestion de la négociation sur le Brexit » (p.15).

C’est une précision, j’entends celle de la surprise présidentielle, déjà donnée par Jacques Attali, qui est dans le secret des dieux ! Rappelons qu’il a dit sur Youtube, « déjà » connaître « la » candidate qui succédera au malheureux élu du mois prochain, qui, en effet aura à gérer la catastrophe financière. Avoir un sage en économie est cependant une faveur faite aux Français démocrates, et pour retourner au livre en question, « Premier Arrêt après la mort » publié chez Fayard (297 pages), un passage que nous citons dans un autre article récent sur ce thriller d’Attali, mais qu’il est bon de reproduire ici, fait savoir que tous les Présidents de la Ve République ont ordonné des meurtres « avec plus ou moins de rigueur morale » (p. 294).

L’on voudrait écœurer le peuple de la propre démocratie qu’on lui impose depuis deux siècles que l’on n’agirait pas autrement ! En fait le roman ne s’adresse pas tant aux Français réels qu’à ceux qui, curieux de connaître leur avenir, sont appelés par cet idéologue du transhumanisme, à se méfier d’un peuple aussi résistant (pro-anglais) que collaborationniste (pro-européen), car tel est le sens des mots pour les initiés de nos loges électorales ! Pour ce qui est des meurtres présidentiels, il y en eut pendant la guerre d’Algérie dont les enfants de mon nouveau département méridional honorent les combattants, par un hommage aux 139 victimes militaires, et sous Mitterrand l’assassinat politique le plus fameux étant celui de Pierre Beregovoy que connut Asselineau !

Ce Pierre Beregovoy, selon ce qui nous a été rapporté par les témoins cités, travaillait jeune homme au même cabinet juridique et financier d’un membre du P.S.U., secrétaire d’État aux finances et que l’on retrouva suicidé à son domicile, qu’un ami catalan, fort européen, au sens le plus décrié du terme par les résistants d’hier et d’aujourd’hui, et maître Vergès, et aussi Henri Fenet, commandeur des Français à la bataille de Berlin. Beregovoy crut pouvoir faire pression sur le Chef de l’État en évoquant ces scandales financiers qui sont l’apanage des démocraties ou des tyrannies soutenues et alimentées par elles, comme il s’en voit dans toute l’Afrique à laquelle on veut nous attacher, en nous déliant des attaches européennes, et dans l’Asie pétrolière, en premier dans le Golfe Persique ! Mal lui en prit : la presse qui recueille les fables du pouvoir informa le Français crédule que le Premier Ministre Pierre Beregovoy était entré dans l’histoire en se tirant deux balles dans la tête !

M. Attali sait tout cela et ne peut que mépriser pareille humanité ! Et tous les meurtres commis dans ce livre noir sont ceux de policiers ! Une société est mise découverte par Fatima, policière dans la tradition de la présence coloniale française dans le protectorat marocain, et ces vilains que l’on retrouve crucifiés à des arrêt de bus ou devant l’Élysée appartiennent à un groupe intitulé les Gallicans, sur le modèle, précise Attali, de l’ancienne Église catholique de France ! L’intelligence, disait Hippolyte Taine, n’est rien d’autre qu’un polypier d’images. Celles d’Attali sont de la couleur la plus sombre, mais l’avantage de ce roman d’anticipation est de conforter notre foi en un candidat surprise : nationaliste, plus que socialiste, aboyant – comme on l’entend aussi  de Mélenchon à Le Pen -, Macron se voulant une exception et Fillon restant bâillonné par ses scandales, sur l’Allemagne dans la tradition jacobine, prêt à convertir l’euro en assignats ou papier monnaie dévalué, et bien sûr ne voulant fâcher personne sur les sujets brûlants, en usant du mot clef de démocratie. Ne lui parlez pas d’immigration, de racisme ou antiracisme ! Il ne veut que gouverner, ce qui est le rêve de tout démocrate, et ne supporte pas, comme l’âme philosophique, selon Platon, d’être gouverné.

En fait, c’est Attali, vrai magicien, qui gouvernera par ses personnages, y compris avec la pochette-surprise contenant l’infortuné candidat à la Présidence ! Il se prépare, avec ce thriller, à voir mourir des crucifiés, et aussi dépérir le pays. Ordo ab Chao !

Pierre Dortiguier