Encore un ministre français de la défense à être condamné. Il écope de 2 années de prison avec sursis dans une très grave affaire de « complicité d’abus de biens sociaux » dans l’un des volets de l’affaire Karachi. Bien entendu, au lieu de faire appel, il va dénigrer le jugement en allant très loin jusqu’à accuser le tribunal et qualifier la justice de son pays de « honteuse » !


L’ancien ministre de la Défense François Léotard a déclaré jeudi 4 mars avoir « honte de la justice française » et annoncé son pourvoi en cassation, après avoir été condamné à deux ans de prison avec sursis pour « complicité » d’abus de biens sociaux dans l’un des volets de l’affaire Karachi.

« J’ai honte pour la justice française et ses dérives dangereuses. Je défendrai toujours la liberté de la décision politique », a réagi dans un communiqué M. Léotard, qui a également été condamné à 100.000 euros d’amende par la Cour de justice de la République (CJR).

« Pour mémoire : « Si celui qui juge n’est pas lui-même jugé, il n’y a plus de liberté » Jean-Paul Sartre », a-t-il ajouté. « J’irai en cassation », a également indiqué l’ancien ministre d’Édouard Balladur.

L’ex-Premier ministre a pour sa part été relaxé jeudi par la CJR qui le jugeait pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle malheureuse de 1995, l’un des volets de l’affaire Karachi.

M. Balladur et M. Léotard étaient accusés d’avoir mis en place un système de rétrocommissions illégales sur des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, destinées à financer en partie la campagne présidentielle du premier en 1995.

Ces soupçons n’avaient émergé qu’en 2010, à la faveur de l’enquête sur un attentat commis en 2002 à Karachi, au Pakistan, dans lequel onze employés français de la Direction des constructions navales (DCN) avaient trouvé la mort.


Photo d’illustration : François Léotard (G) et Édouard Balladur le 15 novembre 1994 à Paris AFP/Archives / Patrick KOVARIK

Nice matin 

AFP
4 mars 2021