La porte-parole de Donald Trump, Karoline Leavitt, vient de lâcher une bombe diplomatique. Dans un tweet destiné à démentir un article d’ABC News, elle a écrit noir sur blanc : « No such threat from Iran to our homeland exists, and it never did. » Une déclaration officielle qui contredit frontalement des mois de rhétorique guerrière.
Pourtant, l’administration Trump a martelé pendant des semaines l’existence d’une menace iranienne imminente sur le sol américain. Hegseth, Kushner et Witkoff ont chacun agité ce spectre pour justifier une pression militaire et diplomatique maximale sur Téhéran. Des décisions gravissimes, prises au nom d’un danger qui, selon la propre porte-parole de Trump, n’a jamais existé.
Ce scandale s’inscrit dans un pattern historique bien documenté. Les couveuses koweïtiennes inventées en 1990, les armes de destruction massive irakiennes de 2003, la fiole d’anthrax brandie par Colin Powell à l’ONU : à chaque fois, une menace fabriquée a servi de prétexte à une guerre. Des millions de morts plus tard, les mensonges ont été reconnus. Trop tard.
La déclaration de Leavitt inverse donc radicalement la charge de la preuve. Ce n’est plus aux citoyens de démontrer que la menace iranienne était fictive. C’est désormais à l’administration de justifier pourquoi elle a instrumentalisé une peur infondée pour orienter sa politique étrangère. Une politique qui aurait pu mener à un conflit régional majeur, voire mondial (ce n’est pas terminé).
Quand une administration se contredit elle-même sur la justification d’une guerre potentielle, le journalisme a le devoir de nommer les choses clairement. Ce qui s’est passé ici ressemble trait pour trait aux manipulations qui ont conduit aux pires conflits du XXIe siècle.




























