Avant toute chose, on remarque encore une fois l’extrême lenteur de la justice dans cette affaire qui paraît pourtant plutôt assez simple, ce n’est ni l’affaire Servier et encore moins Sarkö/Kadhafi. Même si M. Zéribi bénéficie de la présomption d’innocence, on ne peut que remarquer que ce franc-maçon patauge comme nombre de ses frères dans de sombres affaires. En outre, il semble que les patrons des médias ne soient pas trop dérangés par ses déboires judiciaires et continuent de l’inviter régulièrement…


L’élu municipal d’opposition, député européen de 2012 à 2014 doit être jugé pour abus de confiance et pour abus de biens sociaux. Il est soupçonné d’avoir financé ses campagnes par le biais d’associations.

L’élu municipal à Marseille, Karim Zeribi, ex-député européen entre 2012 et 2014, est renvoyé devant le tribunal correctionnel, conformément aux réquisitions du parquet. Il comparaîtra aux côtés de cinq autres prévenus, dont son fils, pour avoir détourné des subventions associatives pour ses campagnes électorales.

Karim Zeribi doit être jugé pour abus de confiance à l’égard de deux associations, et pour abus de biens sociaux à l’égard d’une entreprise. « A de multiples reprises, M. Zeribi (a opéré) une confusion des genres entre le milieu associatif et l’intérêt politique de ses campagnes, le premier finançant le second« , a estimé le magistrat instructeur.

Des subventions auraient servi les intérêts « exclusifs » de Karim Zeribi

Selon le parquet, une part importante des subventions versées entre 2007 et 2009 à l’association Agir pour la citoyenneté (APC), l’association présidée par M. Zéribi, soit plus de 85 000 euros, aurait servi les intérêts politiques exclusifs de M. Zéribi, au lieu de mettre en contact employeurs et jeunes des cités et de favoriser leur insertion professionnelle.

Karim Zeribi qui s’est toujours dit victime d’un complot a contesté lors de l’enquête que ces subventions aient pu servir ses intérêts politiques. Selon lui, elles ont été utilisées pour des campagnes d’inscription des jeunes des banlieues sur les listes électorales, l’organisation d’un parlement des banlieues et la mise en contact de demandeurs d’emplois avec des chefs d’entreprises.

Mais les enquêteurs ont pu mettre en lumière le règlement par l’association d’un sondage contenant un chapitre sur la notoriété de Karim Zeribi ou de divers outils de communication, le paiement du loyer de son club de réflexion et l’utilisation des salariés d’APC lors de ses campagnes.

Ancien footballeur professionnel (1986 à 1989), il a été conseiller en charge des questions d’accès à la citoyenneté du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement (1998 à 2000). Élu en 2008 au conseil municipal de Marseille sur la liste de Jean-Noël Guérini (PS), il a été réélu en 2014 grâce à un accord passé avec la tête de liste PS Patrick Mennucci.