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Ne nous y trompons pas, le culte de la liberté a supplanté la liberté de culte. Le salut par la liberté, voilà l’idéologie triomphante de la modernité et la post-modernité. La liberté a été érigée en idole, l’idole suprême des masses, l’idole inaccessible, aliénante et pervertissante, pour le plus grand profit de la liberté du marché, dominé par les plus mafieux et les plus criminels, dont nous sommes les esclaves. Et cette esclavage est pris pour de la liberté !

La liberté est une malédiction, une condamnation, disait Sartre (parfois il visait juste). Si l’homme n’était pas libre, il ne serait pas dans la détresse et le désespoir ; être libre c’est avoir conscience de la mort, les animaux ne sont pas désespérés parce qu’ils ne sont pas libres. La liberté n’est pas un concept, c’est un gouffre, un abîme dans lequel l’homme n’en finit pas de chuter, en se raccrochant désespérément à des simulacres sensibles, comme disait Platon, ou à des idées, des concept, des représentations… ou à des projets, comme disait Sartre… ou à de l’escroquerie, comme dit Bernard Madoff. Mais toute la force que nous mettons à nous raccrocher, toute la puissance (jusqu’à l’ivresse, comme pour ce malheureux Nietzsche) est vaine… et finit toujours dans la mort. La liberté est un enchaînement à ces tentatives désespérées de raccrochage, elle est un vide qui suscite l’angoisse, une absence de concept qui suscite les concepts, des concepts impuissants face à l’angoisse. Dans l’antiquité, le gouffre de la liberté était contenu par la responsabilité politique ou morale. L’homme libre se différenciait de l’esclave en cela qu’il œuvrait pour faire vivre les lois de la cité, en les votant par exemple (citoyen athénien), ou faire vivre et perdurer les vertus de la noblesse (aristocratie). Les hommes de l’Antiquité étaient dit libres quand ils servaient un principe moral ou politique et se gouvernaient eux-mêmes, quand ils ne se laissaient pas entraîner dans le gouffre de la liberté en devenant la proie de leurs pulsions ; aujourd’hui, le bobo parisien, le yuppie new-yorkais est dit libre quand il satisfait la moindre de ses pulsions !

Kant disait déjà que « un gouffre sépare le concept de la nature et le concept de la liberté ». Il faut aller plus loin que Kant : l’ordre naturel, l’ordre divin est conceptualisable, mais la liberté elle-même est un gouffre inconceptualisable jusqu’à la mort, un gouffre que la science tente obstinément de conceptualiser, pour déjouer la mort. Le seul chemin pour briser notre enchaînement au gouffre de liberté, de cette liberté infinie effrayante, c’est naturellement le contraire de la liberté, c’est-à-dire la soumission, l’abandon infinie, l’abandon à Dieu. Là où Sartre se trompait, c’est que l’homme a choisi d’être libre, dès l’origine il a choisi librement de désobéir à Dieu, et Caïn a choisi librement de tuer son frère. La responsabilité de ce choix fatal nous écrase jusqu’à la mort. La liberté définit un mouvement déclinant jusqu’à la mort. La soumission à l’ordre divin, à l’harmonie divine, définit un mouvement ascendant jusqu’à la vie éternelle (l’amour humain est une perception confuse de cette vie éternelle, l’amour divin en est une perception claire). La vérité est au bout de ce mouvement ascendant (Plotin ne m’aurait pas contredit). Dans la mesure où elle est un mouvement déclinant, la liberté humaine ne peut s’approcher de la vérité, au contraire elle nous en éloigne, ce sont deux mouvements contraires. Il y a seulement vérité de l’ordre, il n’y a pas vérité du chaos ou du gouffre.

Dieu n’est pas libre, il est souverain. La liberté humaine est l’illusion de la souveraineté divine. Illusion suscitée par Satan, qui lui sait qu’il n’est pas libre, qu’il est maudit, qu’il est déjà enchaîné à sa chute en Enfer, chute dont l’homme fut à l’origine, malgré lui. Satan se venge de l’homme en le faisant chuter dans l’illusion de souveraineté, dans la liberté, dans la mort. C’est cette illusion de souveraineté que les francs-maçons ont vendu au peuple de France lors de la révolution française, et qu’ils continuent à leur vendre encore aujourd’hui, de plus en plus cher. Ces mêmes francs-maçons qui offrirent à l’État de New-York la Statue de la Liberté, idole des foules et des marchés… idole qui remplaça Dieu… Auguste Bartholdi, en fut le concepteur, Gustave Eiffel, l’ingénieur ; tous deux étaient francs-maçons. Cette idole fut inaugurée par le président Etats-Unien, Grover Cleveland, et en présence de nombreux francs-maçons. Aucun Noir ne fut convié à cette inauguration, qui pourtant se déroulait vingt ans seulement après l’abolition de l’esclavage… !

Entre la tyrannie de la liberté et la tyrannie sans liberté, il y a néanmoins une manière d’user salutairement de sa liberté, c’est celle qui consiste à critiquer librement la liberté (critique réprimée par la tyrannie de la liberté) et à choisir tout aussi librement de s’abandonner à la souveraineté divine (à la loi morale en nous, dirait Kant) et de s’y fondre (libre abandon réprimé par la tyrannie sans liberté). L’esprit de l’islam ne dit pas autre chose.