damien loras


Précédemment annoncé comme perdu, voire volé, ce bijou enfin retrouvé dans un coffre alors qu’il aurait dû être déposé au service « cadeaux », au delà du caractère non désintéressé ayant présidé à sa remise, met à nu les pratiques élyséennes souterraines en matière de diplomatie, en usage pendant le règne de Sarközy, le candidat aux innombrables casseroles, mis en examen, et qui a eu l’outrecuidance de présenter sa candidature aux primaires de droite. Un complot ourdi contre lui, se défendra-t-il à coup sûr, en tant que membre VIP du Conspiracy Club .


Le bijou, d’une valeur de 44.000 euros, avait été offert en 2009 par un milliardaire belgo-kazakh à un conseiller diplomatique de l’ancien président, Damien Loras. Retrouvée dans un coffre, elle se trouve aujourd’hui au service «cadeaux» du palais.

En plein Kazakhgate, voilà un rebondissement embarrassant pour Nicolas Sarkozy. Selon L’Express , une montre en or blanc d’une valeur de 44.000 euros offerte en 2009 par un milliardaire belgo-kazakh à un conseiller diplomatique de l’ancien président, Damien Loras, a été retrouvée à l’Élysée et se trouve maintenant au service «cadeaux». Au-delà de sa valeur élevée, c’est surtout sa provenance qui pose question: c’est l’homme d’affaires Pathok Chodiev qui avait fait à l’époque ce cadeau au diplomate en charge de l’Asie centrale.

Or, dans l’affaire des contrats avec le Kazakhstan, les enquêteurs se demandent si Nicolas Sarkozy a pu faire pression sur des parlementaires belges, à la demande de son homologue kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, pour adopter une disposition législative permettant un abandon de poursuites pénales, dont avaient justement bénéficié Pathok Chodiev et deux de ses associés.

La montre en question a-t-elle été offerte par le milliardaire en guise de remerciement pour service rendu ? C’est ce que sous-entend qui a enquêté sur les liens entre la France et le Kazakhstan sous Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la vente de 45 hélicoptères au président Nazarbaïev. Selon des documents consultés par le site internet, c’est au cours d’un repas dans un restaurant étoilé parisien que Pathok Chodiev, qui avait pris contact dès 2008 avec certains conseillers de l’ex-chef de l’État, aurait offert la montre au conseiller diplomatique. Quelques jours plus tard, le 6 octobre, Nicolas Sarkozy rendait une visite éclair au président kazakh «autour de la signature de contrats économiques», poursuit Mediapart.

« Les cadeaux, on en reçoit souvent »

L’existence de cette montre avait été révélée en janvier 2013 par le journal belge Le Vif/L’Express. À l’époque, Damien Loras, aujourd’hui consul général de France à Sao Paulo, expliquait ne pas avoir bénéficié de ce bijou à titre personnel. «Cette montre m’a en effet été offerte par monsieur Chodiev. Je ne l’ai pas acceptée. Elle a été stockée dans un coffre de l’Élysée où elle se trouve toujours. Les cadeaux, on en reçoit souvent. Le tout est de savoir ce qu’on en fait», assurait-il. Interrogé sur les motivations de son interlocuteur belgo-kazakh, Damien Loras avait jugé que les «gens riches ont peut-être l’habitude de faire ce genre de cadeau à leurs interlocuteurs». «L’important est que le fonctionnaire qui le reçoit le refuse», avait-il conclu, […]

Le Figaro