Chroniques-Dortiguier


Tout orateur du jour, comme le mosellan Asselineau s’y prête aussi, entend se garder des « fake news » ou fausses et frauduleuses nouvelles, alors que nous nageons dans des mensonges et des ignorances abyssales de la réalité présente et passée. Contre ce traité les organisations communistes allemandes de « La Gauche » (Die Linke), équivalent de nos Antifa, se dressent avec la même vigueur que Marine Le Pen, Mélenchon, ce Don Quichotte du socialisme français et tous les coqs d’un gaullisme de façade.

Parler d’abandon de la souveraineté nationale est comique pour des pays qui ont dépecé l’Allemagne, expulsé, comme en Palestine, le bon tiers de la population de foyers anciens et forcé – comme l’expérience nous l’a appris – ses savants atomistes à travailler à la confection de la bombe atomique en acceptant de la main gauche l’argent du Shah d’Iran pour édifier nos centrales. Mélenchon, dans sa campagne électorale parlait de supprimer les privilèges cléricaux et autres, notamment en matière de fiscalité, de l’Alsace-Lorraine qui n’accepta de retourner sous l’autorité parisienne, comme il faut savoir, qu’à condition de conserver les avantages de l’Empire allemand.

Rappelons aux croyants qu’en effet, l’Allemagne ne connaît pas la séparation maçonnique de ou des Églises et de l’État et que, du moins pour les confessions chrétiennes, les clercs reçoivent le fruit des impôts versés volontairement par les fidèles.

Il faut toute la légèreté parisienne pour chercher querelle sur cette place aux Nations Unies qui ne voit que l’exercice du droit de veto et l’existence même de membres permanents sont  une imposture fondée sur la force des vainqueurs de ce conflit peu chrétiennement achevé par les deux bombes atomiques que l’on sait. Quel privilège a la France d’occuper pareil poste et non pas l’Italie, l’Inde ou le Japon ? À trouver un compromis, en se pliant à cette violence juridique, mieux vaudrait nommer un délégué européen. Cette querelle française qui ne trouve d’écho en Allemagne que chez les néo-staliniens conduits par Gyzi – dont le père fut, de lignée suisse, pour faire bref, ministre des cultes en zone soviétique d’occupation ou République démocratique allemande (DDR) -, rabaisse le pays et le fait ressembler à ces ouistitis de Bénarès, comme Schopenhauer en ironise, pour caricaturer l’arrogance en question.


Que la cuisine française mijote ses plats servis par les Zemmour, Asselineau, Marine Le Pen, Attali, et les néo gaullistes rêvant d’un De Gaulle qu’ils n’ont point connu et se montra plus réaliste.


M. Asselineau s’agite le plus dans cet orchestre germanophobe : car il s’agit bien de décrier une nation et non pas une équipe au pouvoir dont une partie a été formée en zone soviétique ! Il sursaute d’apprendre que l’allemand et le français seront régulièrement enseigné des deux côtés du Rhin, dans les pays frontaliers. Lui-même instruit en allemand nous avertit que le peuple s »affaiblit en quantité, – il ne saurait dire en qualité – et qu’il vaut mieux que la jeunesse apprenne du russe  ou du chinois ! Soit, mais tout voyageur en Europe jusque dans les Balkans sait que la langue véhiculaire a été et reste l’allemand. Il va sans dire que le bel esprit de l’ancien candidat à la présidence et qui fut directeur de cabinet de Pasqua, – ce qui n’est pas une critique, mais un fait – clame l’inutilité d’apprendre du danois ou du hollandais. Devrons-nous lui objecter que De Gaulle favorisa les langues régionales et en particulier la connaissance du hollandais à Lille, sa ville natale, et qui fut un des joyaux des 17 provinces, au point que le nombre de locuteurs lillois a permis de trouver du travail en Hollande. Puis-je enfin célébrer, avec la marquise de Sévigné Dunkerque (littéralement en flamand, l’église sur la dune) : « La Rochelle des Pays-Bas » ? Ceci par allusion au siège meurtrier de la Rochelle où l’armée réduisit, comme à Perpignan, la population civile par la faim ?

La langue française, reprend M. Asselineau, est  méprisée en Allemagne : moins , pourrait-on lui rétorquer,  que nous traitâmes  la langue et l’histoire allemande dans la région soumise à notre occupation ? Il faut avouer que la patience caractérise le Bélier allemand ! Est, en compensation de cette baisse d’influence du français  exaltée par notre tribun mosellan bon connaisseur de l’Asie, l’influence française au Viet-Nam. Tout sauf Germania ! Vive la francophonie post coloniale !

Jusqu’à quand conserverons nous cette mauvaise foi à l’égard de notre principal partenaire européen ? Que lui reprocher sinon d’être comme sa musique ou son opéra mettant des dieux sur scène ou des héros et non pas des cocottes apeurées par des défilés périodiques, chaque demi siècle, de gilets multicolores ?

Que la cuisine française mijote ses plats servis par les Zemmour, Asselineau, Marine Le Pen, Attali, et les néo gaullistes rêvant d’un De Gaulle qu’ils n’ont point connu et se montra plus réaliste. Qu’eût été la France de 1963 sans la coopération économique et financière de la vache à lait européenne.

Puisque nous avons fait allusion à l’Iran plus haut, qu’il soit redit ici que le même De Gaulle rendit visite au Shah d’Iran à la tête d’une délégation européenne, franco-allemande et qu’il assura le prince que c’était le premier traité économique conclu entre – non pas la France – mais – comme il s’en exprima- l’Europe et un pays tiers.

Pierre Dortiguier