Vous allez pouvoir lire dans cet article ahurissant que l’infidélité et la pratique dépravée de l’orgie représentent pour des chercheurs une avancée sociale majeure vers l’égalitarisme et l’indépendance :


François Kraus, directeur du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle à l’Ifop : « L’infidélité féminine constitue en Europe un symbole parmi d’autres de la conquête de l’indépendance sexuelle des femmes, en montrant notamment qu’elle peut être, tout comme pour les hommes, un moyen d’assouvir la part purement individuelle et compulsive de leur sexualité. »


En d’autres termes, l’indépendance sexuelle est un acquis merveilleux de la modernité et elle doit s’exprimer par des comportements dépravés les plus extrêmes. D’ailleurs, ce qui, semble-t-il,  est permis de nos jours au sein du couple, ne le sera jamais dans une association commerciale qui exige une totale fidélité à l’entreprise. On imagine mal un salarié de Coca-Cola aller fricoter avec Pepsi-Cola ! Par contre, l’épouse de Patrick peut tout à fait s’en aller batifoler avec Jean-Jacques, c’est normal et même souhaitable. Un couple fidèle sera considéré comme arriéré et vieux jeu, appartenant à un courant conservateur, moyenâgeux, tandis que les couples candaulistes seront considérés comme des exemples à suivre ; ils seront invités et célébrés, voire magnifiés sur les plateaux télé.


Ce que l’évolution de notre rapport à l’infidélité dit de notre société

Les données de la plateforme pornographique Pornhub soulignent l’augmentation des recherches liées au candaulisme, pratique sexuelle taboue. L’évolution de notre rapport à l’infidélité traduit une mutation sociétale, estime notre chroniqueuse Maïa Mazaurette

Parce que la sexualité fait partie de nos vies mais qu’elle reste pourtant taboue, «Le Temps» inaugure un nouveau rendez-vous: deux fois par mois, la chroniqueuse et journaliste spécialisée Maïa Mazaurette donnera son point de vue sur un sujet d’actualité

Connaissez-vous le candaulisme? Il s’agit d’une pratique consistant à « prêter » son conjoint – ou sa conjointe – à d’autres partenaires. Certains candaulistes se contentent d’exhiber leur épouse, d’autres ressentent de l’excitation en contemplant leur mari forniquer avec de parfait.e.s inconnu.e.s. En observant les données internationales, force est de constater que le fantasme est en pleine émergence: rien qu’entre 2013 et 2016, les requêtes du mot «cocu» ont augmenté de 57%. Selon les données de la plateforme pornographique Pornhub, ce sont plutôt les hommes que cette pratique attire, notamment quand ils appartiennent à la génération des 45-65 ans…