Qu’il s’agisse de la réforme des retraites de 2003 ayant suscité un fort mouvement de contestation, de la nouvelle réforme des retraites de 2010, de la nouvelle modification des retraites de 2013 ou de la révolte contre la loi travail de 2016, ces problèmes épineux particulièrement sensibles et difficiles à gérer ont toujours conduit les politiques à dresser un écran de fumée pour tenter de les occulter, en détournant l’attention et en faisant resurgir la sempiternelle question de la mode islamique ou du halal : débat sur le voile à l’école avec promulgation d’une loi d’interdiction en 2004, débat sur la burqa dans l’espace public, lancement d’une polémique sur une éventuelle interdiction du voile à l’université. Cette fixation sur l’islam et les musulmans commence à devenir très pesante  et n’augure rien de bon. Au lieu d’identifier les vrais problèmes, ceux qui sont réellement responsables de la faillite générale du pays et de s’employer à trouver le vrai remède, les politiques ont choisi la solution de facilité : accabler les musulmans de tous les maux et en faire les boucs émissaires en les désignant à la vindicte générale. C’est tellement plus simple, beaucoup plus simple que de s’attaquer aux barons de Big Pharma, du CAC40 et de l’oligarchie à la tête d’une économie rentière.