L’affaire Tariq Ramadan a causé beaucoup de dégâts en Suisse à tel point qu’un nouvel audit est réclamé à Genève sur les cas d’abus sexuels à l’école !


À Genève, un nouvel audit est réclamé pour faire la lumière sur les cas d’abus sexuels à l’école, a appris la RTS.



Deux députés demandent à ce que la commission de gestion du Grand Conseil enquête sur le Département de l’instruction publique (DIP).

Salika Wenger et Olivier Baud, deux élus d’Ensemble à gauche, ont déposé mardi une motion au Parlement. Ils réclament que la très puissante commission de gestion édicte un rapport sur la manière dont le Département d’Anne Emery-Torracinta a géré les Anne Emery-Torracinta passées ou récentes, impliquant des professeurs et des élèves dans le cadre scolaire.

Cette démarche englobe aussi la plainte pénale qu’a déposée le DIP en mars 2018 pour violation du secret de fonction. Une plainte qui interroge les motionnaires puisqu’elle a abouti aux convocations de deux défenseuses de victimes d’un professeur du Anne Emery-Torracinta. Les députés proposent que la commission de gestion sollicite, le cas échéant, l’aide du Service d’audit interne pour mener à bien cette enquête.

Audit plus large

Aux yeux des auteurs du texte, cette nouvelle enquête sur les abus à l’école ne fait pas double emploi. Salika Wenger et Olivier Baud veulent un audit large, incluant les événements récents. Or, les investigations menées il y a un an par les deux anciens juges, Quynh Steiner Schmid et Michel Lachat, se focalisait sur les agissements de Tariq Ramadan avec une analyse du cycle et du post-obligatoire, mais sans prise en compte de l’école primaire.

Les deux députés rappellent aussi que l’enquête d’octobre 2018 était entachée d’un certain nombre de polémiques, tant sur la forme que sur le fond. Par exemple, certaines victimes n’avaient été auditionnées que tardivement par les juges. À l’époque, l’avocate de l’une d’elle, Me Saskia Ditisheim, avait d’ailleurs appelé au lancement d’une enquête administrative contre le DIP. En vain.

Motion soutenue par les élus

Cette motion a des chances d’aboutir au Grand Conseil, selon la prise de température de la RTS auprès des chefs de groupe du Parlement genevois. Jeudi, le traitement en urgence du sujet sera demandé par les motionnaires. Ils devraient être suivis par la majorité des partis présents.

Le PLR, les Verts, le MCG et l’UDC ont déjà confirmé qu’ils voteraient un renvoi immédiat de la motion en commission de gestion. Preuve d’une certaine détermination du politique à investiguer: la motion a reçu l’appui de nombreux co-signataires de tout bord, dont certains libéraux-radicaux, pas forcément les plus enclins à soutenir des textes venant de la gauche de la gauche.


Photo d’illustration : un nouvel audit est réclamé concernant les cas d’abus sexuels dans les écoles genevoises Forum / 2 min. / mardi à 18:02

Raphaël Leroy/gma

RTS [Suisse]

15 octobre 2019