Mais pourquoi donc l’or de l’Algérie est-il stocké chez ces voleurs de Yankees, ces criminels sans foi ni loi ? Depuis quand laisse-t-on les bijoux de famille chez les autres, aussi loin du pays ? D’autant que cet or est censé renforcer une monnaie nationale et représenter une richesse alors qu’en réalité, cet or n’est pas chez soi, mais ailleurs ? Comment est-ce possible sans la trahison des plus hauts responsables et leur vile soumission au désordre des plus forts !


L’administration Trump ira-t-elle jusqu’à des sanctions économiques contre l’Algérie pour achat d’armes à la Russie ?

La question est sur la table depuis que l’ambassadeur US  l’a évoquée mercredi dernier. Les sanctions imposées par Washington à la Russie impliquent ses clients.

Elles étaient mises en sourdine depuis août 2017, date d’adoption par le Congrès américain de la loi pour lutter contre les adversaires de l’Amérique (CAATSA). Pour la première fois il y a deux semaines, contre le département chinois du développement des équipements (EED), va être mise sur liste noire sur le marché américain, pour avoir acheté 15 Sukhoi 55 à Moscou, après l’entrée en vigueur de CAATSA. Du coup, à Alger, client historique de la Russie dans l’armement, l’inquiétude est perceptible. Et si Washington décidait de punir le plus gros client africain des entreprises russes d’armement ?

Les analyses sont nuancées sur le sujet. Il y a d’abord la lecture de la sanction contre l’entreprise chinoise. Elle apparaît pour les observateurs internationaux plus motivée par la volonté de mettre la pression sur Pékin dans le bras de fer commercial en cours que par celle de faire plier Moscou en Ukraine ou en Syrie. L’interdiction d’acheter des armes à la Russie décrétée unilatéralement par les Américains fonctionne comme un joker que peut décider d’utiliser l’administration Trump à tout moment sur ces nombreux fronts ouverts avec le reste du monde. Il lui a semblé opportun de l’utiliser dans la conjoncture de la négociation commerciale qui doit reprendre avec la Chine et dont l’enjeu -200 milliards de dollars de taxes- est colossal sur le commerce mondial.

L’autre facteur qui laisse à penser qu’Alger n’est pas en première ligne pour subir des représailles à cause de la poursuite des commandes militaires algériennes auprès de la Russie – bientôt des MIG 29 de génération M-M2 – est plus prosaïque.

Il n’y a pas d’intérêts économiques algériens, dignes de ce nom, aux Etats Unis. Exportations insignifiantes, investissements en portefeuilles inexistants. L’Algérie est plus liée aux États Unis par la politique d’épargne de la Banque d’Algérie que par un flux de business compatible avec la mondialisation. Les réserves en or de l’Algérie sont placées à Fort Knox et les réserves en dollars sont « protégées », pour bonne partie, par l’achat des bons du Trésor américain. Les actifs d’affaires algériens que pourraient sanctionner Trump échappent au radar. Sauf à engager une crise souveraine en bloquant les avoirs algériens aux États-Unis, ce qui n’est, semble-t-il, pas prévu dans la forme par les sanctions des clients pour isoler la Russie.

Cependant, la menace virtuelle de sanctions américaines contre le ministère de la Défense algérien, client des entreprises russes, devrait donner à réfléchir. Le placement de l’or algérien aux États-Unis est un sujet tabou à Alger. Pourtant des gorges profondes préviennent de temps à autre de la nécessité de le rapatrier, les raisons qui ont pu justifier son stockage à Fort Knox n’étant plus valides.

De même, la part des placements algériens en coupons souverains américains est jugée trop importante. Leur plus grande diversification, souvent évoquée mais toujours pas amorcée, diminuerait la fragilité à l’égard de Washington dans des situations comme celle que dessine l’affaire en cours des sanctions. Une tension plus forte entre les États-Unis et la Russie pourrait amener le président Trump, qui doit lutter contre une image de mollesse vis-à-vis de Poutine qui lui colle, peut changer la donne.

Washington regarderait alors de plus près dans les carnets de commande du ministère de la Défense algérien pour voir comment faire mal à Moscou en le privant de nouvelles commandes. Il est pour autant peu probable qu’Alger, même avec une non-gouvernance stratégique à la tête de l’État, renonce à son fournisseur historique sous l’effet de sanctions américaines.


El Kadi Ihsane – El Watan [Algérie]