Illustration d’un message d’Oussama Ben Laden, leader d’Al-Qaida, diffusé en septembre 2009. (SITE INTELLIGENCE GROUP/AFP)

C’est un rappel utile et important qui peut également intéresser ceux qui ne le savent pas encore et qui pensent que la Maison Blanche à Washington est un studio télé dans lequel on tourne des séries pour Netflix dans lesquelles ont voit POTUS torturé par sa volonté de faire le bien contre l’avis de quelques comploteurs qui perdent toujours à la fin. En réalité, c’est exactement l’inverse qui se produit tous les jours, puisque la Maison Blanche est un repère de mafieux et de criminels les plus sanguinaires de toute l’histoire de l’Humanité, prêts à tout pour atteindre leur objectif : le maintien de leur domination militaire, idéologique et économique sur la planète ! Tromper les peuples avec des fausses vidéos ou des faux attentats est leur pain quotidien…


Selon un collectif britannique de journalistes d’investigation, le Pentagone aurait dépensé 540 millions de dollars dans le cadre de cette campagne de propagande.

Plus d’un demi-milliard de dollars. C’est, selon les enquêteurs du Bureau of Investigative Journalism (BIJ), ONG basée à Londres spécialisée dans la réalisation d’enquêtes journalistiques, le montant d’une facture très salée dont se serait acquitté le Pentagone entre 2006 et 2011. Il n’est ici question ni d’armes, ni de soldats, ni de véhicules – simplement de propagande.

La sulfureuse agence de communication et de relations publiques Bell Pottinger, connue pour travailler avec toutes sortes de régimes (Syrie, Biélorussie, Sri Lanka…), aurait signé en pleine guerre d’Irak (2003-2011) un contrat ultra-lucratif avec Washington — 120 millions de dollars par an — afin de produire les contenus de ce programme « top secret ». Un ancien salarié de l’entreprise, le vidéaste Martin Wells, a révélé au Bureau of Investigative Journalism les dessous de cette campagne, qui ont été publiés dimanche par le « Daily Beast » et le « Sunday Times » et relayés par France 24.


Le témoignage de Martin Wells (en anglais)


Outre des clips publicitaires anti-Al-Qaida, Martin Wells affirme que son ancienne entreprise produisait et montait de faux reportages vidéos aux images de basse qualité, de manière à les présenter comme des « productions de télévisions arabes ». Ils étaient ensuite vendus puis diffusés comme tels par les chaînes locales et continentales, sans préciser que l’armée américaine en était le commanditaire.

L’Irak, écrit le BIJ, était un eldorado pour les agences de communication : selon l’enquête, plus de quarante sociétés étaient rémunérées pour de la production de vidéos, de sondages, de placements médias. Bell Pottinger avait elle-même commencé à travailler en Irak dès mars 2004, une poignée de mois après l’invasion américaine, pour produire de façon très officielle des contenus promouvant la tenue d’élections démocratiques.

Fausses vidéos siglées Al-Qaida

Mais Martin Wells évoque une partie plus « sensible » de ce programme. La société Bell Pottinger, qui a employé jusqu’à 300 personnes —Britanniques et Irakiens — en Irak, aurait également eu pour mission de fabriquer de fausses vidéos de propagande portant la signature de l’organisation Al-Qaida. Objectif : piéger les personnes qui les visionnaient ensuite sur internet.

L’idée était en effet de se servir de ces clips comme appâts numériques. Gravés sur des CD, ceux-ci étaient encodés de manière à profiter d’une faille dans le logiciel de lecture de vidéos Real Player, afin de permettre, lors du visionnage, à la CIA de localiser l’ordinateur grâce à son adresse IP.

Ces CD, précise Martin Wells, étaient abandonnés par les forces américaines dans les habitations lors de perquisitions en Irak ; transmis sous le manteau, certains se sont retrouvés en Iran, en Syrie et même aux Etats-Unis.

Si le BIJ n’apporte pas d’information sur les conséquences de ces pistages, le Pentagone a bel et bien confirmé avoir eu recours aux services de l’agence Bell Pottinger durant cette période en Irak. L’ancien patron de Bell Pottinger, Tim Bell, a également confirmé au « Sunday Times » que sa société avait signé un […]


Timothée Vilars – L’Obs