Ah ! Ça me fait tellement plaisir de vous retrouver. Merci. Merci de m’avoir soutenue ; je vous aime. Merci. Les autres, allez voir à la synagogue si j’y suis. Fallait pas m’énerver. Celui qui réussira à me faire taire il est pas encore né. Tiens, en parlant de nez… Oh, ça va !… Vous n’en pensez pas moins… Non ? Vraiment ? Au cinéma, en tous cas, c’est eux qui font la loi. Si vous saviez… La cérémonie des Oscars n’est qu’une bar mitzvah géante ! C’est Woody Allen qui disait ça, c’est drôle. Mais c’est surtout juste. Depuis ma dernière prestation aux César, on m’appelle beaucoup moins… Alors j’écoute de la musique allemande. C’est dingue, à chaque fois que j’écoute du Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne ! C’est drôle, c’est encore de Woody Allen. Dommage qu’il ait mal tourné, le vieux… il a fait une boulette… il a épousé sa fille. Cependant, ne l’accablons pas…, il a beaucoup souffert. Vous savez…, il faut les comprendre, ce sont des gens qui ont toujours souffert, qui souffrent toujours. Qui souffrent tout le temps. À la naissance déjà, au huitième jour on leur coupe le… et ils mettent toute une vie pour s’en remettre. Mais en général, ils s’en remettent jamais. Alors, ils se soulagent comme ils peuvent, les pauvres… ils font des films… ils se font des films surtout, ou ils se font leur fille… Ou alors, ils se récompensent entre eux. Ils adorent ça, parce que… il faut le dire,… ils souffrent de ne pas être aimés… Ils sont haïs partout dis donc ! Faut le faire n’empêche. Et depuis 3000 ans. C’est carrément une prouesse ! On pourrait au moins les respecter pour cette prouesse. Moi, écoutez…, j’ai décidé ce soir de leur dire que je les aime, voilà. Cyril, je t’aime ! Oui, je te rembourserai… ! Avec les intérêts, oui ! C’est terrible !…. En même temps c’est touchant,… cet attachement à l’argent… comme un enfant… qui n’en a jamais assez… et qui donne quelques miettes à ses escla… enfin je veux dire, à ses… travailleurs. Vous savez…, il faut pas les contrarier ces Jui… ces… juilletistes… ces enfants quoi, il faut les comprendre, leur donner de votre temps, de votre sueur, de votre sang, de votre vie, de votre… mort… bon, faut pas exagérer. Vous leur donneriez l’éternité qu’ils en demanderaient encore, c’est fou quand on y pense ! C’est une maladie ou quoi ? Y a pas un psychanalyste dans la salle qui pourrait nous éclairer ? Ah oui, merde, c’est eux qui ont inventé la psychanalyse. C’est vrai qu’ils souffrent, la vache… C’est pas humain leur truc ! Oulalaaah ! Je viens de comprendre quelque chose là…. Ça fout la trouille… Jésus, Marie, Joseph… Moi je sais que si on me donnait l’éternité… ben je dirais merci, six millions de fois merci, au minimum quoi. Le plus dingue dans cette histoire, c’est que ce sont ces malades qui nous font la morale ! En permanence ! Si seulement ce n’était qu’un rêve, enfin, plutôt un cauchemar, eh bien on s’en réveillerait, mais non. C’est la réalité, et personne n’ose rien dire. Enfin, si peu… Je me dis parfois, le soir en me couchant, en écoutant les grenouilles, qu’il faudrait une loi pour les empêcher de nuire… Pas les grenouilles ! Non ! Eux ! Les malades, bien-sûr ! Oui… je disais… « une loi pour les empêcher de nuire ». Oui, mais manque de bol, c’est eux qui font les lois ! Pas de chance. Finalement, ma bonne dame, faut peut-être attendre que la chance tourne, que le vent tourne, pour nous, et un vent de panique pour eux. Tiens, en parlant de panique, vous avez vu les grandes places boursières… Vaincues par une grippe !… Quelle belle chute mes aïeux ! C’est beau un effondrement, je trouve. Ça raconte une histoire… une histoire abominable, carrément démoniaque… à ne pas raconter à vos enfants pour qu’ils s’endorment… une histoire à raconter plutôt aux adultes, pour qu’ils se réveillent… une histoire qui finira bien par s’achever… comme toutes les histoires. Parce que c’est plus possible. Criminaliser la vertu et récompenser le vice… Non, c’est plus possible. Encore merci !