
Qu’est-ce qu’être français ?
Cela n’a jamais été une question centrale, ou un mystère à résoudre comme chez nos voisins de l’Est, chez qui la question a pris une forme philosophique, sous l’occupation napoléonienne (qui fut soutenue par les Illuminati, en premier Weishaupt très bonapartiste, il faut le savoir !) et le plus bel article fut chez eux rédigé par Richard Wagner, « Qu’est ce qu’être allemand ? », où il fit un rapprochement entre ce qui est teuton (deutsch) et ce qui est distinct (deutlich). Etre allemand serait savoir distinguer, se distinguer, et être en bref distinct ! Traduisez, assumer un destin particulier d’ordre et d’élévation du peuple par l’art !
Puisque la question a été posée, et qu’il est naturel de s’interroger sur l’essence du français, si elle existe et comment, selon quel mode, nous pouvons d’abord rappeler que le nom de France a été mis en cause comme obscurantiste, médiéval, féodal, réactionnaire dirait Mélenchon, par quelques maçon de la Révolution, Sieyes qui voulaient y substituer le nom de la Gaule ! Un ouvrage célèbre du comte Boulainvilliers au 18e siècle et qui reprenait les observations de Montesquieu et d’autres, voyait dans la France la trace d’un peuple germanique différent de la romanité, le premier étant de droit coutumier, le second écrit etc. Il y a du vrai dans cette distinction et les occupations de peules de l’Est ont été respectueuses ou indifférentes, comme on le voudra tourner, aux diversités ethniques et religieuses, l’Église catholique s’appuyant – selon la version académique – sur la romanité.
Le nom lui même, à la différence de celui d’alémanique (qui est le dialecte alsacien et bâlois et court jusqu’à Salzbourg, le reste de l’Autriche relevant du bavarois) ou Allemand, réellement deutsch vient du mot primitif de peuple tiut, etc. ayant donné Dutch, hollandais tiusk… Donc le deutsch est le peuple des peuples qui le composent, une union de peuples similaires, jusqu’au 9e jour de la Création de l’Ordre Mondial voulu par Soros et consort, qui est une violence, mais reste une utopie, s’écroulant comme la tour de Babel, le nom de France donc a été discuté : le marquis de Prade, au 18e siècle, dans son Histoire de l’Allemagne, un assez gros volume, y voit une origine allemande, germanique, désignant les libres (Freien) Anses ou demi-dieux, ainsi que la tradition désignait les héros se sacrifiant pour atteindre au firmament de l’immortalité ! L’hypothèse que je retiendrais, d’après un chercheur allemand contemporain, Ehrard Landmann est celle qui rapproche le pays français de la Franconie, fran, en bas allemand comme from en anglais désignant l’origine, le reste du mot étant identifiable à quelque khânat ou khan, le même mot, parlons sérieusement, que vous trouvez dans Strauss Khân. En somme une origine asiatique.
Tous les peuples d’Europe, pour le philosophe Kant, ressemblaient à une plante, dont la racine était sa patrie, mais les fleurs, les corolles sont trop fières d’elles pour songer à leur origine.
Il est intéressant de voir qu’aux deux bouts de la chaîne le nom de France disparaît dans le fantasme républicain ou des Illuminés français révolutionnaires, tantôt on exalte, comme dans l’enseignement républicain du 19e siècle ou des clubistes rêvant de l’humanité et méprisant leurs voisins et la charité personnelle envers eux, la Gaule et Vercingétorix, à la biographie fort douteuse, et dans ce siècle kaliyougique, si l’on me permet ce néologisme, la république avale et la France et la démocratie même coupable d’avoir enfanté le diable ou l’Amalek teuton (Amalek serait dans les superstitions juives le démon ennemi de leur peuple) ! Etre Français se transforme entre être-république : les enfants sont non pas à l’école française où ils réciteraient du Corneille et des fables de La Fontaine ou du gentil et courageux Florian qui échappa de peu à la guillotine, mais à l’école de la République où Dieu reste à la porte !
Voltaire qui est la pointe de l’esprit français, distinguait sur le même territoire, les Français peu nombreux qui cultivent la raison, les arts et les bonnes mœurs, et les Welches insupportables. Ce terme désignait les Français arrogants chez les Allemands, les gens prétentieux et insupportables pour qui l’art suprême de la politique est d’augmenter les impôts et de fouiller dans la poche des voisins européens !
Etre français, c’est, à parler voltairiennement, se distinguer des Welches, des futurs Sans-Culottes au bonnet rouge, de ceux qui, avant le seul grand philosophe que nous ayons eu avec le Père Malebranche, également parisien et prêtre cartésien, c’est-à-dire ayant le sens d’un système cohérent, massacraient leurs compatriotes dans des guerres de religion et des massacres civils, et préfèrent idéaliser l’Algérie française que de reconnaître au fond de leur coeur la citoyenneté à leur ancienne chair à canon antiboche !
Tous les peuples d’Europe, pour le philosophe Kant, ressemblaient à une plante, dont la racine était sa patrie, mais les fleurs, les corolles sont trop fières d’elles pour songer à leur origine. Etre Welche, c’est oublier des racines, être Français y songer ! Cela vaut pour toutes les ethnies modernes, où ce genre de Français est partout minoritaire !
Pierre Dortiguier


































