À votre avis, pourquoi la population certainement la plus intelligente au monde la plus disciplinée n’est pas la plus vaccinée ? pourtant, circonstance aggravante, c’est une population vieillissante. Est-ce le nombre de décès qui est à ce jour de 14 943 pour une population de plus de 100 millions d’habitants, ce qui nous donne 149 décès  par million d’habitants contrairement à la France et ses 1716 décès  par million d’habitants !

Dans tous les cas, la société la plus avancée au monde, scientifiquement et technologiquement, n’a pas opté pour la vaccination de masse.



À deux semaines des Jeux olympiques et aux prises avec une montée des cas liés au variant Delta, le Japon affiche toujours de faibles taux de vaccination, avec moins de 30 % de sa population immunisée. Et si une majorité de Japonais, craintifs à l’approche du grand rendez-vous sportif, souhaitent se faire vacciner, la gestion de la campagne de vaccination a ralenti le processus.

« Au départ, le gouvernement voulait que ce soit une firme japonaise qui développe le vaccin. Ça n’a pas fonctionné. Donc, quand ils ont décidé d’acheter des vaccins à l’étranger, il était déjà un peu tard », explique Bernard Bernier, professeur titulaire du Centre d’études asiatiques de l’Université de Montréal.

Contrairement à plusieurs autres pays, le Japon a donné sa bénédiction à un premier vaccin contre la COVID-19 très tardivement : la formule de Pfizer-BioNtech n’est officiellement approuvée que depuis le 14 février dernier en sol nippon. En comparaison, Santé Canada lui donnait son feu vert le 9 décembre 2020. Pour tout nouveau vaccin ou médicament, le Japon impose aussi l’obligation de faire des essais cliniques supplémentaires sur son territoire, et ce, même si le produit a déjà été validé par des études cliniques ailleurs dans le monde.

« On s’est aussi aperçu que le système de santé au Japon était mal organisé. Il y a eu des retards, même pour ceux qui voulaient obtenir le vaccin », ajoute M. Bernier. En effet, le Japon exige que les vaccins soient administrés uniquement par des médecins ou des infirmières. Moins de personnel, donc, pour déployer rapidement une campagne de vaccination d’une telle ampleur.

À ce jour, près de 28 % de la population japonaise a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 et 16 % est complètement immunisée.