Je mangeais l’autre jour dans un bistrot en zone libre, et j’entends une conversation tout à fait singulière. C’étaient deux personnes assez âgées, on aurait dit des professeurs à la retraite.

« La vérité, l’abjecte vérité hurle effroyablement pour sortir de la matrice démoniaque, pour la crever, c’est imminent. Je ne passerai pas mes vacances avec les talibans, mais leur reprise fulgurante de Kaboul et leur interdiction du vaccin de la mort dans leur pays est un signe explicite du reflux de cette vague luciférienne qui écrase le monde.

– Oui, c’est imminent… T’as vu ce qui passe en Israël, avec les enfants… à partir de 3 ans…

– Étonné qu’en Israël on injecte une substance expérimentale, pouvant être létale, à des enfants de 3 ans et bientôt aux nourrissons ? Ça remonte à loin, tu sais. Lis le Livre de Jérémie, qui dénonçait jadis le sacrifice des enfants jetés au feu en holocauste à Baal, dans le royaume d’Israël. On sacrifiait aussi les enfants dans le pays de Canaan, on les sacrifiait dans le feu à Moloch. Canaan descendait en droite ligne de Caïn, par Nahamma, l’épouse de Noé. Caïn étant l’ancetre de la postérité du Serpent… ce que dit la kabbale juive…

– Je t’avoue que j’ai jamais rien compris à l’ésotérisme de cette kabbale juive.

– Oui, c’est pas facile. Je m’y suis penché il y a quelques années. Il faut décrypter… Pour résumer : sorti de l’infini (« Aïn Soph »), Lucifer est chassé, exilé, il se retire de l’infini vers le fini, c’est le « tsim-tsoum ». Sa lumière éblouissante (Sephira Kether, couronne de l’orgueil) commence alors à décliner jusqu’à la Sephira Malkuth (royaume de la Terre). Sa lumière déchoie à chaque degré de l’arbre des Sephiroth (l’arbre de la connaissance du bien et du mal, l’arbre défendu, l’arbre du Serpent), et se disperse (Chevirat Hakelim). Son fils spirituel Caïn, autrement nommé Israël, ainsi que sa postérité, les israélites, vont alors tenter de réparer les choses et de rassembler la lumière dispersée (le « sentier du Serpent »), grâce à la connaissance du Serpent, c’est le fameux « Tikkun Olam », la réparation du monde (idéologie du « Grand reset »), afin de blanchir Satan, de le « réhabiliter », comme dit Bernard Henri Lévy. L’arbre du Serpent a un côté séduisant, l’arbre des Sephiroth, et un côté sombre, l’arbre de mort, l’arbre des Qliphoth. Ainsi, la Qlipah de Kether est Satan-Moloch. Logique.

– Et l’arbre de vie ?

– Il n’y a pas d’arbre de vie dans la kabbale juive, ou plutôt, ce que la kabbale désigne comme « l’arbre de vie » est en fait l’arbre de la connaissance du bien et du mal. il n’y a pas non plus la Sephira du cœur, sur le pilier de l’harmonie. Pourtant le cœur est le centre de l’harmonie et de la libération de l’âme. Moïse et Jérémie reprochaient aux israélites de ne pas pratiquer la circoncision du cœur… la terre promise ou le royaume des cieux sont au fond du cœur… En revanche, le centre de l’arbre des Sephiroth c’est Tiphereth, équivalent du chakra solaire, chakra du nombril… la Sephira du nombril donc… la kabbale juive c’est la libération par le nombril, par l’égo… porte ouverte à toute les perversions du narcissisme… Cette démoniaque kabbale juive est bien l’idéologie de la modernité !

– Où chercher la connaissance si la connaissance est défendue ?

– Non, la véritable connaissance n’est pas défendue. La seule véritable connaissance est celle qui libère l’âme de la chair par le cœur, et cette connaissance nous est donnée par l’arbre de vie, certainement pas par le si mal nommé arbre de la « connaissance » du bien et du mal qui au contraire enlise l’âme dans la chair jusqu’à l’orgueil, l’orgueil né de cette connaissance défendue, connaissance relative, réfutable… L’arbre de vie (éternelle) commence par la libération du chakra du cœur vers les chakras supérieurs, les fameux cieux du royaume des cieux… L’arbre de la connaissance du bien et du mal est quant à lui constitué des chakras en-dessous du chakra du cœur. Celui-ci reliant les deux arbres.

– Jesus connaissait les chakras, tu penses ?

– L’essénien Jésus-Christ était un grand maître spirituel qui apprit aux Juifs de son temps à libérer leur chakra du cœur. À certains Juifs… Les autres réclamèrent sa mort.

– Mon seul regret, ne pas avoir fait un film sur la vie de Jésus. Pas un film comique, non, une vraie fresque dramatique. Avec Depardieu dans le rôle du Christ, une vue de profil sur la croix à la fin eût été une image éternelle. Dans le rôle de Caïphe, Éric Zemmour, avec un couvre-chef trop grand pour lui et la bave qui coule quand il s’énerve (si Zemmour refuse alors Finkielkraut, et si ce dernier refuse alors Goldnadel ou Meyer Habib). Dans le rôle d’Herode, Hanouna rotant et bedonnant avec ses grosses bagouzes. Dans le rôle du Romain qui cloue Jesus, Jean-Michel Aphatie, clouant le corps christique avec son nez. Patrick Bruel, Jean Castex et Olivier Véran dans le rôle d’usuriers marchands du temple. Et dans le rôle de Sainte Véronique essuyant le front du fils de l’Homme, Elisabeth Lévy, qu’on ne maquillera pas car cela aggraverait sa laideur déjà effroyable (gros plan sur sa gueule). Emmanuel Macron, Jacques Attali ou Bernard-Henri Lévy dans le rôle de Satan qui tente Jésus dans le désert. Raphaël Enthoven, Patrick Cohen et Emmanuel Lechypre dans le rôle de Pharisiens, serpents, race de vipères. Dans le rôle de Ponce Pilate, je vois bien Jamel Debbouze ou Omar Sy. Pas un film comique, je le répète. Bruno Solo dans le rôle de Joseph d’Arimathie. Carole Rousseau dans celui de la Vierge Marie (gros plan sur ses dents quand elle rit). Mimie Maty en Marie-Madeleine. Pas un film comique, je le rappelle. Yann Moix en Judas l’Iscariote (gros plan sur son sourire) et José Garcia en Barabbas (pas besoin de le maquiller). Antoine de Caunes en Lazare (mais il ne ressuscite pas dans le film). Sébastien Cauet dans le rôle de Saint Joseph et Laurent Baffie dans celui de Nicodème. Le centurion Longin, incarné par Kad Merad, se trompe et perce le bide de Depardieu sur la croix ; ça pisse jusqu’à la fin du film, alors que le soleil se couche sur Jérusalem. Silence, moteur… Action ! »

Les rires fusèrent autour des deux compères. On trinqua à la liberté, avant que des flics n’arrivent. Contrôle de pass sanitaire pour tout le monde.

– Collabos ! Pourris !

– Vendus ! Ordures !

– Traîtres ! Minables !

On était bien une trentaine à ne pas vouloir montrer nos papiers. Puis, il se passa quelque chose d’extraordinaire, un client reconnut son beau-frère parmi les flics. Il lui tendit un verre de vin. Celui-ci l’accepta finalement… et tout rentra dans l’ordre.



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