Ils nous ont vendu Larem comme la nouvelle politique de la nouvelle génération loin des scandales Sarközy… En réalité c’est bien pire qu’avant, bien pire puisque nous avons aujourd’hui des donneurs de leçons qui nous dirigent !


Le président de l’Assemblée nationale, entendu mercredi dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, n’entend pas démissionner.

Mais c’est un coup dur pour lui.

Il est 10h30, mardi, lorsque le quatrième personnage de l’Etat, Richard Ferrand, se présente devant trois juges d’instruction, à Lille (Nord). Durant près de 13 heures, il a dû s’expliquer sur l’affaire des Mutuelles de Bretagne, celle-là même qui l’avait poussé à quitter le gouvernement en juin 2017. Voilà plusieurs semaines que le président de l’Assemblée nationale a inscrit le rendez-vous, auquel il a été convoqué par courrier, à son agenda, et qui s’est donc soldé par sa mise en examen.

« Il y a deux ans, le ciel lui était tombé sur la tête. Pas là. Cette audition était attendue », minore un proche. Comme une riposte préventive, son entourage a déjà listé les précédents à droite, comme à gauche, de députés restés au Perchoir, à la tête de leur commission ou de leur groupe, malgré une mise en examen : Laurent Fabius, Eric Woerth, Jean-Marc Ayrault.

Car, selon nos informations, Ferrand, fidèle à sa position, n’a pas l’intention de quitter l’Hôtel de Lassay où il est en poste depuis un an. « Je suis déterminé à poursuivre la mission que m’ont confiée mes pairs et mes électeurs », a-t-il affirmé dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi. Une position renforcée au matin par Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, qui a assuré sur Europe 1 qu’Emmanuel Macron lui conservait « toute sa confiance ».


« Bien sûr que cela tombe mal »

Pour l’heure, la macronie retient son souffle et s’en tient à la présomption d’innocence, en attendant de voir comment l’affaire infusera dans l’opinion et l’opposition. Mardi, les coursives du pouvoir, ne laissaient échapper « aucun commentaire », si ce n’est les habituels éléments de langage sur la nécessité de laisser la justice suivre son cours. Pas un mot du chef de l’État en Conseil des ministres. « Imperturbable, plongé dans ses dossiers du moment. Un sphinx ! » souffle un participant.

Même tonalité du côté de Matignon. Zéro commentaire. Exceptée cette confidence d’un ami du Premier ministre : « Édouard, il ne lâche jamais les gens quand ils sont en difficulté. » À l’Élysée, que Macron a notamment conquis en promettant plus de transparence, d’éthique et le renouvellement des pratiques, certains préféraient mardi le second degré : « Mélenchon et Lula ont dit qu’il y avait une justice politique en France… eh bien voilà ! » se pince un collaborateur, avant de se reprendre, plus sérieux : « Bien sûr que cela tombe mal. »

Dans le même temps, d’autres piliers de la macronie, François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez, ont été également entendus, dans le cadre…


Photo d’illustration : le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a été mis en examen. AFP

Olivier Beaumont et Pauline Théveniaud

Le Parisien

12 septembre 2019