Encore un procès de perdu par Big Pharma pour un manque d’information des patients. Rappelons chers lecteurs que Sanofi avait déjà été condamné pour dénigrement du générique de Plavix en 2013 par l’autorité de la concurrence à une amende de 40.6 millions d’euros ! Saviez-vous aussi que le Plavix à 27€ le traitement par mois n’est pas plus efficace que la simple aspirine à 3€ de coût mensuel ? Il faut savoir également que le Plavix était en 2008 le médicament le plus remboursé par la Sécu avec plus de 450 millions d’euros annuel.


Un juge aux États-Unis a ordonné à Bristol-Myers Squibb et Sanofi de verser plus de 834 millions de dollars (687 millions d’euros) à l’État d’Hawaï pour insuffisance d’informations sur les risques liés à l’utilisation de leur antiagrégrant plaquettaire Plavix chez les personnes non blanches.

Les deux laboratoires n’ont pas modifié la notice d’utilisation de ce traitement afin de prévenir les médecins et les patients alors qu’ils connaissaient depuis plus de dix ans les risques liés à son usage, écrit le juge Dean Ochiai dans son verdict rendu à Honolulu.

Dans un communiqué conjoint, Bristol-Myers et Sanofi ont annoncé leur intention de faire appel, estimant que la décision prise à leur encontre n’était pas étayée par des preuves scientifiques.

« Les sanctions accordées par le tribunal ne sont absolument pas étayées, d’autant plus que l’État d’Hawaï n’a fourni aucune preuve montrant que quiconque a subi un préjudice avec le Plavix », écrivent les deux laboratoires qui produisent ce traitement dans le cadre d’un partenariat.

Le juge américain a rendu sa décision à la suite d’un procès de quatre semaines, via l’application de visioconférence Zoom, en raison de la pandémie de coronavirus. Il a fixé des dommages-intérêts de 1.000 dollars pour chaque ordonnance de Plavix délivrée à Hawaï entre 1998 et 2010.

L’État d’Hawaï estime que les deux laboratoires ont enfreint les lois nationales de protection des consommateurs en commercialisant le Plavix sans indiquer que le médicament pourrait avoir un effet moindre, voire nul dans certains groupes ethniques, en particulier chez les personnes originaires de l’Est de l’Asie et du Pacifique.

Le Plavix est prescrit contre les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques. L’anticoagulant doit être activé par les propres enzymes du corps, qui peuvent varier génétiquement d’une personne à l’autre. Des études ont montré qu’environ 14% des patients d’origine chinoise sont incapables de métaboliser correctement le traitement, contre 4% des Noirs et 2% des Blancs.

La Food and Drug Administration, l’autorité sanitaire aux États-Unis, a publié en 2010 une nouvelle notice d’avertissement Plavix pour prendre en compte ces nouvelles données.

Bristol-Myers et Sanofi font également face à un procès similaire dans l’État du Nouveau-Mexique.


Photo d’illustration : (Crédits : Regis Duvignau)

Tina Bellon et Nate Raymond

Version française : Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault

La Tribune

16 février 2021