Encore un procès qui va durer 10 ans au minimum, à l’instar de celui du Mediator. Procès dont les réquisitions du procureur seront ridicules par rapport aux souffrances des victimes, des malades et de leurs familles ! La France est en réalité incapable de protéger la santé de ses concitoyens contre les dérives criminelles de Big Pharma car sa justice ne s’en donne pas les moyens.


Le laboratoire français avait déjà été mis en examen en février pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires » après le dépôt de 42 plaintes de familles.

Nouveau rebondissement dans l’affaire de la Dépakine. Le groupe pharmaceutique Sanofi a déclaré à l’AFP, lundi 3 août, avoir été mis en examen pour « homicides involontaires » dans l’enquête sur la commercialisation de l’anti-épileptique Dépakine, ouverte en 2016, confirmant une information du quotidien Le Monde. Cette mise en examen est « une très grande victoire pour les familles de victimes de la Dépakine », a réagi l’Apesac (Aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant).


« Il faut que ces criminels en col blanc assument leurs responsabilités et fassent preuve de morale, d’éthique pour que ces enfants puissent être soignés. » Marine Martin, présidente de l’Apesac


Sanofi avait déjà été mis en examen en février pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires », dans le cadre de cette enquête visant à établir s’il y a eu « tromperie sur les risques inhérents à l’utilisation du produit et les précautions à prendre, ayant eu pour conséquence de rendre son utilisation dangereuse pour la santé de l’être humain ».

Les victimes reprochent au laboratoire de ne pas avoir suffisamment informé le public des effets dévastateurs – malformations, autisme, troubles ORL – de ce médicament sur le fœtus. En février, un avocat de victimes, Charles Joseph-Oudin, estimait que « 40% des enfants exposés in utero à la Dépakine souffrent de troubles neuro-développementaux – c’est presque un sur deux –, c’est dire à quel point ce produit est dangereux ». Par ailleurs, « 10% souffrent de malformations physiques, parfois très graves, qui conduisent à des interruptions médicales de grossesse », ajoutait-il. C’est pour cette raison qu’il demandait une mise en examen pour « homicides involontaires ».


Photo d’illustration : la Dépakine, un médicament contre l’épilepsie, est aujourd’hui déconseillée aux femmes enceintes. (GARO / PHANIE)

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France Télévisions

3 août 2020