Entre 1964 et 1979, près de 2000 enfants venus principalement de Corée, d’Inde, du Vietnam et du Maroc ont été accueillis en Suisse pour adoption où ils ont pourtant vécu un cauchemar. Placés dès leur arrivée dans des quarantaines illégales, ces tout-petits ont servi de sujets d’essais cliniques dans plusieurs hôpitaux de Suisse romande. Une enquête du magazine Beobachter, reprise par Le Temps, a mis au jour ces pratiques barbares choquantes.
Le choc est immense car ces enfants vulnérables n’avaient aucune protection réelle. Ils arrivaient pleins d’espoir pour une nouvelle vie. Au lieu de cela, ils ont subi des examens invasifs et des interventions sans consentement par un milieu médical malade.
Ce qui s’est passé dépasse l’imagination
Les enfants restaient isolés pendant des semaines, voire des mois, dans des établissements comme l’hôpital de Saint-Loup à La Sarraz. Ces séjours soi-disant sanitaires servaient en réalité de couverture. Des chercheurs et des médecins ont réalisé sur eux des tests pharmaceutiques et des opérations expérimentales, notamment à cœur ouvert. Terre des Hommes, l’organisation humanitaire fondée par Edmond Kaiser, sélectionnait même certains petits malades pour alimenter ces protocoles. Les documents retrouvés montrent une organisation systématique. Les enfants n’étaient pas seulement observés, ils devenaient de véritables cobayes au nom de la recherche médicale de l’époque.
Par ailleurs, les origines de ces petits expliquent en partie pourquoi personne n’a réagi plus tôt. Arrivés sans famille proche en Suisse, ils dépendaient entièrement de l’organisation et des hôpitaux. Le sociopathe Edmond Kaiser présentait ces adoptions comme une mission humanitaire. Pourtant, la réalité révèle un mélange dangereux entre zèle et absence de contrôle. Les autorités de l’époque n’ont pas surveillé ces pratiques et ont laissé faire. Les enfants étrangers semblaient invisibles aux yeux du système. Cette période correspond à un moment où l’éthique médicale restait encore floue, même après les horreurs nazies et les premiers codes internationaux. Pourtant le texte de loi et le code de déontologie existaient déjà !
Des conséquences furent tragiques
Au moins 6 très jeunes enfants sont morts durant l’été 1979 dans ce contexte d’expérimentations. Des opérations risquées et des tests répétés ont coûté la vie à ces innocents. Aujourd’hui, les associations de personnes adoptées parlent de traite et réclament justice. Des interpellations politiques ont déjà eu lieu au Grand Conseil vaudois et à Genève. Le scandale rouvre des blessures anciennes sur les adoptions internationales en Suisse. Beaucoup se demandent comment une organisation censée protéger les enfants a pu permettre de tels abus !
Ce qui frappe le plus reste le silence qui a duré des décennies. Les révélations actuelles montrent que même dans un pays neutre et démocratique, des enfants vulnérables ont été exploités. Les protections éthiques se sont renforcées depuis, grâce aux codes de Nuremberg et d’Helsinki. Pourtant, ce passé rappelle à quel point la vigilance reste nécessaire. Les familles adoptives et les victimes exigent maintenant des réponses claires.
Ce scandale des expérimentations médicales sur les enfants de Terre des Hommes ne doit plus rester dans l’ombre. Il force chacun à se souvenir que les plus faibles ont besoin de garde-fous solides, hier comme aujourd’hui.

































