Les dommages collatéraux de la gestion catastrophique de la crise du covid-19 – confinement, interdiction, panique… – seront nombreux et sérieux ! Ils concerneront des centaines de milliers de personnes…


Selon une récente étude française, les effets post-traumatiques liés à l’épidémie Covid-19 sur la santé mentale commencent tout juste à se manifester.

Certains d’entre eux risquent de persister sur le long terme, en particulier la phobie sociale, explique le médecin psychiatre Olivier Dubois.



Une recherche de l’École thermale du stress de Saujon (Nouvelle-Aquitaine) réalisée en juin sur plus de 5322 personnes ayant suivi des cures pour troubles anxieux dans le passé montre que les chocs post-traumatiques liés au Covid-19 chez ce type de profils sont importants. Parmi les personnes interrogées, 52% ont par exemple déclaré souffrir de troubles du sommeil, de stress accru (51%), de fatigue extrême (43%) ou de crises d’angoisse (35%).

Un mois plus tard, ces signes se sont légèrement estompés, selon les déclarations de ces mêmes patients, questionnés à deux reprises (le 1er juin et le 29 juin). À l’exception de la phobie sociale : le pourcentage de personnes qui ont déclaré en souffrir passe en effet de 19% début juin, à 21% fin juin.

Un résultat surprenant de prime abord mais qui fait finalement sens au vu du contexte actuel, souligne le Dr Olivier Dubois, médecin psychiatre et Directeur des Thermes de Saujon.

Comment expliquer que le phénomène de phobie sociale se soit accru  ?

Dr Olivier Dubois : Il s’agit en effet du seul critère qui a augmenté en un mois d’écart, ce qui est un indicateur très sensible. Nous avons tous été impactés par la situation inédite de ces derniers mois. La peur de la maladie, le fait d’être enfermé et la surconsommation d’informations relatives à l’épidémie ont provoqué un traumatisme psychologique, à différents niveaux selon les individus.

Les réactions post-traumatiques impliquent un temps de latence de plusieurs mois entre le choc et l’apparition des symptômes. Il y a, aujourd’hui encore, beaucoup d’inquiétudes vis-à-vis du virus. Le cumul de cette anxiété chronique et la peur d’une éventuelle résurgence du virus dans les prochaines semaines ou mois peuvent entraîner un épuisement psychique, un effet de sidération.

Chez les personnes anxieuses, cette peur peut se traduire par une phobie sociale excessive, ce qui explique pourquoi certaines ne sortent plus de chez elles. Problème que, naturellement, elles ne rencontraient pas pendant le confinement.

Le port du masque obligatoire dans certains lieux peut-il contribuer à atténuer l’angoisse de ces personnes ?

L’effet de sidération est intuitif donc, je pense, indépendant de ce type de mesure. Je doute que le simple port de masque suffira à calmer les personnes en situation de difficulté sociale. Car il s’agit d’une angoisse profonde qui nécessite une prise en charge.

Quelles solutions pour venir en aide à ces personnes ?

Il est très important de leur faire comprendre que rester chez soi n’est pas la solution : s’isoler va accroître leur anxiété. Or, une anxiété non traitée, si elle s’intensifie, peut se transformer en dépression ou en psycho-traumatisme. Il s’agit donc d’un cercle vicieux.
Ces personnes doivent se tourner vers des professionnels de la santé mentale. Elles peuvent par exemple consulter dans le cadre d’une thérapie cognitivo-comportementale.


Photo d’illustration : selon le psychiatre Olivier Dubois, « l’épidémie a provoqué un état de sidération pouvant aller jusqu’à la phobie sociale ». – © Carolina Conte / EyeEm – Getty Images/EyeEm

RTBF / AFP

23 juillet 2020