Alors que Big Pharma multiplie les assassinats avec son terrorisme pharmaco-chimique comme tout le monde a pu le constater avec le Mediator du laboratoire Servier par exemple, dont le procès se déroule actuellement et va durer sept mois, la France entière est obnubilée par le voile musulman et ne fait qu’en parler, comme si c’était une priorité. Ce seul médicament de Servier, le Mediator, a été la cause d’au moins 2000 morts et de milliers de maladies graves, ce qui dépasse largement la somme de tous les attentats terroristes commis sur le sol français, sept fois plus pour être exact. Pourtant, absolument rien n’est fait pour limiter la puissance de Big Pharma qui a corrompu tout le monde et qui, en falsifiant des documents, piétine tous les systèmes de pharmacovigilance ou d’autorisation de mise sur le marché …

Certains nous diront qu’il s’agit d’erreurs et de morts involontaires et non préméditées. Dans ce cas, pourquoi avoir empêché le Docteur Irène Frachon de s’exprimer, d’écrire son livre… ? Dans ce cas, pourquoi avoir falsifié les documents de recherche ? Pourquoi avoir essayé d’acheter le silence des victimes avec des sommes d’argent ? Espérons que la justice fera son travail et qu’elle saura punir très sévèrement ces crimes qui ont tendance, malheureusement, à trop se répéter en toute impunité.


La salle d’audience était comble, mercredi après-midi, pour écouter la lanceuse d’alerte, témoin le plus attendu des six mois de débats.

Pendant son audition de près de sept heures, elle a tenu à laisser une place aux victimes malgré ses explications scientifiques.

Depuis près de quatre heures, Irène Frachon parle. Face au tribunal correctionnel de Paris, où se déroule le procès du Mediator depuis le 23 septembre, elle s’évertue, mercredi 16 octobre, à expliquer, démontrer, retracer, contextualiser avec moult détails techniques. Mais le temps presse. Il faut conclure. « J’ai échappé de très peu à la tromperie de Servier. Cela a tenu à un fil », débite-t-elle à toute vitesse. La pneumologue du CHU de Brest (Finistère), qui a révélé au grand public ce scandale sanitaire, n’oublie pas de saluer les « victimes brestoises bâillonnées par Servier », en référence à leur silence en contrepartie d’une indemnisation versée par le laboratoire. Elle n’hésite pas non plus à se mettre au niveau de ses patients : « Je suis comme les victimes, à ce jour, je suis inconsolable. »

« Des victimes qui ne pourront pas parler ici parce que Servier a acheté leur silence, en conditionnant les indemnisations à ce silence. J’espère que ce procès tardif sera utile pour protéger les patients face à la firme Servier. » Irène Frachon à l’audience

Des applaudissements nourris retentissent du fond de la salle. « Non, non, on est dans une enceinte de justice, pas au spectacle. Sinon je ferai évacuer la salle », menace la présidente du tribunal. « Vous pouvez avoir de l’admiration pour madame Frachon, mais ça doit rester intérieur », ajoute-t-elle à l’attention des parties civiles. La plupart sont des victimes du Mediator qui estiment devoir leur seul salut à Irène Frachon. Car, depuis le début de l’affaire, le destin de la lanceuse d’alerte et celui des victimes de l’antidiabétique prescrit comme coupe-faim sont intimement liés. La pneumologue les appelle par leur prénom, parce qu’elle les connaît. Encore aujourd’hui, elle reçoit de nombreux appels, des courriels et parfois « des bouquets de fleurs ». C’est à eux qu’elle pense lorsqu’elle dépose à la barre. Sans oublier pour autant sa rigueur de scientifique.

« Décédée après six ans de Mediator »

Deux cœurs rouge sang ouverts : les photos investissent le grand écran blanc de la salle d’audience. « À gauche la photo d’un cœur normal, à droite la photo du cœur de Marie-Claude, décédée après six ans de Mediator », légende Irène Frachon. « Sur la première photo, la valve mitrale, c’est là où il y a le petit 1 », poursuit-elle. Puis la pneumologue pointe les différences entre chaque valve mitrale, cette charnière entre l’oreillette gauche et le ventricule gauche du cœur. Irène Frachon s’attarde sur le cœur de Marie-Claude. « La gangue fibreuse, monstrueuse, rendait son cœur totalement inefficace, souligne-t-elle. La valve mitrale est monstrueusement déformée, en large parachute. » De fait, même un œil non expert peut le constater.

Elle se plonge ensuite dans ses souvenirs, jusqu’en 2008. Au moment où elle descend au bloc opératoire et assiste aux opérations pour photographier les valves cardiaques. Recherches, collecte de dossiers, recoupements, échanges avec ses pairs… Irène Frachon liste des cas d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et de valvulopathies chez des patients sous Mediator, avec d’autres médecins. « Je ne travaille jamais seule » précise-t-elle. Un article scientifique, rédigé à la fin 2008, est publié l’année suivante. Mais sa tâche est loin d’être terminée. « J’ai eu le sentiment d’être traquée, alors que je ne faisais que mon travail », explique-t-elle.

« Marie-Claude venait de mourir »

Début 2009, Irène Frachon se plonge dans un listing de valvulopathies signalées parmi les patients du CHU de Brest, référencés avec les mots « diabétiques obèses surpoids », et qui auraient pu être exposés au benfluorex…


Photo d’illustration : Irène Frachon, au procès du Mediator au tribunal de Paris, le 23 septembre 2019. (BERTRAND GUAY / AFP)

avatarViolaine Jaussent

France Télévisions

17 octobre 2019