C’est ainsi que l’on remercie en France les infirmiers et infirmières après la crise sanitaire. Ceux qui ont osé réclamer du matériel de protection sont virés car le système est pourri de l’intérieur, les institutions gérées par des managers qui n’ont rien à voir avec la santé mais plutôt HEC…


Les deux infirmiers d’un Ehpad toulousain qui ont été mis à pied du jour au lendemain, fin mars, parce qu’ils réclamaient des masques en pleine pandémie restent dans l’attente de la suite de l’instruction de leur dossier.

Leur licenciement est désormais officiel.
Depuis des mois, ils ne dorment plus. Mais ils se sentent soutenus. Le 21 avril, nous révélions le surprenant traitement réservé à deux infirmiers de l’Ehpad de La Cépière mis à pied, fin mars, en pleine crise sanitaire. Selon leurs avocats, ils auraient payé leurs demandes récurrentes d’avoir accès au stock de masques de l’établissement. De permanence le week-end des 21 et 22 mars, leur insistance a redoublé lorsqu’ils ont vu cinq résidents présenter des symptômes de diarrhée. La semaine qui a suivi, tous les deux ont été priés de quitter leur poste. Sylvie*, 53 ans, craint désormais de ne plus jamais retrouver du travail. Son collègue, Younes, se remet difficilement de l’éviction de son lieu de travail sous escorte policière. […]


Photo d’illustration : fin mars, sur les quatre postes titulaires des infirmiers, trois ont été vacants. Ils ont été remplacés dans la foulée, avait indiqué le groupe DomusVI. Archives DDM, Nedir Debbiche.

Géraldine Jammet

La Dépêche 

6 juillet 2020