Trevor Milton est le fondateur de Nikola, censée révolutionner les camions électriques. En 2016, il présente une vidéo d’un prototype « fonctionnel » qui impressionne Wall Street et attire des centaines de millions de dollars d’investisseurs. La réalité est sordide : le camion ne fonctionne pas, c’est du bidon ; une énième escroquerie climatiste. Il a simplement été remorqué en haut d’une colline puis filmé en train de descendre par gravité — l’angle de caméra soigneusement choisi pour masquer la pente. Des milliers d’investisseurs ordinaires ont perdu leurs économies de retraite. Milton a été condamné en 2022 pour fraude aux valeurs mobilières.
Le pardon Trump est arrivé au moment le plus cynique possible. Deux semaines exactement après que les procureurs fédéraux ont demandé au juge d’ordonner à Milton de payer 680 millions de dollars de restitution aux actionnaires floués – plus 15,2 millions à une victime directe – Trump a signé le pardon. Résultat : le juge ne peut plus ordonner aucune restitution. Les victimes ne reverront jamais leur argent. Milton est libre.
Les coïncidences sont accablantes. Milton et son épouse ont versé 1,8 million de dollars au fonds de campagne de Trump moins d’un mois avant l’élection de novembre. Son avocat est Brad Bondi — le frère de Pam Bondi, devenue procureure générale des États-Unis sous Trump. Trump a justifié le pardon en affirmant sans preuve que Milton avait été « ciblé parce qu’il soutenait Trump« . Un escroc condamné par un jury devient une victime politique par décret présidentiel.
La suite serait presque comique si elle n’était pas révoltante. En octobre 2025, Milton rachète SyberJet Aircraft et annonce un nouveau jet privé révolutionnaire — le SJ36. Rien ne l’arrête. Sans prototype. Exactement le même schéma qu’avec Nikola. Il recommence, impuni, protégé, et libre.
Ce cas résume parfaitement le système Trump. La justice américaine n’est plus aveugle — elle a un tarif. 1,8 million de dollars pour effacer une condamnation fédérale, annuler 680 millions de restitution dues aux victimes, et repartir escroquer, en toute impunité, d’autres victimes. Les investisseurs ordinaires qui ont perdu leurs retraites, eux, n’ont pas les moyens de payer ce tarif.
Rappel :
Parmi les autres escrocs majeurs graciés par Donald Trump figure Carlos Watson, fondateur de Ozy Media, condamné en 2023 à près de 10 ans de prison pour une vaste fraude aux investisseurs : il avait fabriqué de fausses interviews avec des célébrités, gonflé artificiellement les audiences et escroqué des millions de dollars via des titres frauduleux. Trump lui a accordé une commutation complète en mars 2025, effaçant à la fois la peine de prison et les centaines de millions de restitution dus aux victimes. Autre cas emblématique : Jason Galanis, surnommé « le nouveau roi du porno » dans les cercles financiers, condamné à plus de 14 ans pour une gigantesque fraude aux valeurs mobilières et aux conseils d’investissement qui a ruiné des milliers d’investisseurs ; gracié lui aussi en mars 2025. Enfin, Lawrence S. Duran, ancien patron d’une clinique mentale en Floride, condamné pour avoir organisé l’une des plus grosses fraudes Medicale de l’histoire (205 millions de dollars détournés) : commutation en mai 2025. Dans tous ces cas, Trump a non seulement libéré les condamnés, mais aussi annulé les ordres de restitution colossaux, privant les victimes et les contribuables de près de deux milliards de dollars au total depuis le début de son second mandat. Un schéma qui se répète : les gros escrocs blancs, souvent proches du pouvoir ou des donateurs, sortent par la grande porte pendant que Trump prétend mener une « guerre contre la fraude ». Sans oublier le trafiquant de drogue et chef d’état, président du Honduras, Juan Orlando Hernandez…



































