C’est monstrueux et pourtant ça existe, le satanisme est une réalité et sa pratique est d’une extrême violence.


Un homme de 62 ans et son épouse de 40 ans sont accusés, devant la cour criminelle du Cher, de viols incestueux et complicité de viols incestueux sur une mineur de moins de 15 ans. Le témoignage de la victime est glaçant. Le procès a débuté ce lundi 14 décembre.

« Il faut que tu m’aides à sauver le monde sinon on va tous devenir des poissons », aurait dit ce père, âgé à l’époque de 54 ans, à sa fille âgée de 12 ans. Et pour sauver le monde, il aurait exigé d’elle un rapport sexuel. Pour accréditer sa thèse de la transformation probable des humains en poisson aux yeux de son enfant, il lui fait croire, dans une mise en scène, que des écailles poussent sur son ventre… Pendant sept ans, de ses douze à ses dix-neuf ans, la jeune fille aurait régulièrement été violée par son père. Mais pour lui, sa fille était « consentante » de tout ce qu’il a pu lui faire subir, il avance même qu’elle aurait abusé de lui lorsqu’il était ivre.

Satanisme et inceste, c’est ce mélange que la cour criminelle du Cher (une juridiction expérimentée dans le département, avec ses cinq magistrats professionnels au lieu, comme en cour d’assises, d’un jury populaire tiré au sort) juge depuis ce lundi matin et jusqu’à mercredi, jour du verdict, un homme aujourd’hui âgé de 62 ans, accusé de viol incestueux sur mineur de moins de 15 ans par ascendant. La belle-mère de la victime, âgée de 40 ans, est également jugée. Elle est la seconde épouse du sexagénaire et est accusée de complicité de viols incestueux commis sur un mineur de 15 ans par un ascendant. Tous deux sont présumés innocents. Les faits se sont déroulés dans le Cher (*) entre 2012 et 2018.

Elle croit pendant des années que son père a des pouvoirs surnaturels

A la barre, ce lundi matin, le témoignage de la victime, âgée de 21 ans, digne sous ses cheveux bruns et sa gorge nouée au début de son récit, glace le sang. Avec l’aide du président de la cour criminelle, elle essaie, sur toutes ces années, de compter, dans une régularité métronomique, les « rites » de viol que son père lui aurait imposé : plus de deux mille fois…

Rituel ? Conditionnée, elle a cru pendant des années que son père possédait des pouvoirs surnaturels, pour pratiquer ce qu’il appelle, la magie noire et la magie blanche. Derrière sa vitre en plastique, dans le box des détenus, l’homme marche à petits pas dans le couloir qui le mène de sa geôle jusqu’à sa chaise. Il explique croire en Dieu, avoir contacté un ange, que le diable est une légende dès lors qu’il fait peur à sa fille avec.

« Je me sentais comme investie d’une mission »

Issue d’un premier mariage, la victime vit chez sa mère. Son père lui demande de venir vivre chez lui alors qu’elle a 12 ans. Pour forcer sa mère à la laisser venir, il lui demande de dénoncer de fausses violences physiques de la part de son beau-père. Elle se rend à la gendarmerie, témoigne, mais ne porte jamais plainte.

Une fois chez lui, « la première semaine se passe très bien. J’avais tout ce que je voulais », témoigne la jeune fille, qui n’a pas souhaité solliciter de huis clos pour ce procès. Puis, le premier soir de la semaine suivante, tout bascule. « Je me sentais comme investie d’une mission », dit la victime. Car à 12 ans, les écailles de poissons sur le ventre, les photos de Jésus avec des anges, cette croix que son père l’oblige à porter autour de son cou, la fin du monde si elle refuse tout rapport sexuel, elle y croit.

« Il m’a allongé sur le lit (…), il a essayé de me pénétrer sans y parvenir. Pendant trois mois, il n’y parviendra pas, je me contractais tellement. Il me disait que si je ne me laissais pas faire, Dieu allait me punir et me tuer », souligne la victime. « Puis, il m’a obligé à lui faire une fellation », raconte la jeune fille.

Deux grossesses

Le calvaire dure sept ans. Les détails sont sordides. « A la demande de mon père, ma belle-mère participait. Puis un jour, il m’a demandé d’avoir un enfant de lui pour chasser les mauvais esprits », dit-elle encore. Elle est enceinte une première fois de son père mais une fausse couche à quatre mois et demi met fin à cette première grossesse.

Il y en aura une deuxième qui arrivera à terme, une petite fille naîtra que sa mère, à la barre, considérait au début « comme sa sœur, c’était la fille de mon père. »

L’accusé, en ce début de lundi après-midi, appelé à réagir aux témoignages de sa fille, explique clairement qu’il éprouvait de « l’attirance » pour elle, « son corps, sa beauté. » Il parle même de « couple », il dit avoir voulu « rompre », avec elle. Le président de la cour criminelle lui rappelle que c’est sa fille, qu’elle était mineure et que c’est interdit…