Il y a tellement de choses à dire concernant ce drame. Premièrement, c’est ça la France de Macron, C’est exactement ça. Il suffit de manifester à Paris contre l’obligation vaccinale pour comprendre à quel point la police n’a plus rien à voir avec ce qu’elle devrait être. Deuxièmement, comment et pourquoi les citoyens continuent-ils d’accepter le blocage de  villes entières lors des déplacements officiels ? D’ailleurs, vous constaterez que le gouvernement est terrorisé par les citoyens dès que l’on voit le phénoménal service d’ordre nécessaire au moindre petit déplacement. Le gouvernement n’est plus crédible et n’a plus aucune autorité en France, il ne tient que par la puissance et la violence des forces de l’ordre. Enfin, on ne va tout de même pas tout mettre sur le dos du gouvernement car seul le policier est responsable de cette ignominie ! Car, bien entendu, cette petite dame septuagénaire représentait une grande menace pour la sécurité nationale !

On a par contre l’impression quand même que le recrutement cible systématiquement les plus stupides, bornés et imbéciles  d’entre les citoyens qui veulent faire carrière dans la police. On assiste carrément à une déshumanisation totale des rapports humains alors que, faut-il le rappeler, le policier est là pour protéger le citoyen. À partir du moment où un membre des forces de l’ordre commet une bourde aussi catastrophique et lamentable dont les conséquences sont pires que la mort – qui est acceptable à un âge avancé -, c’est le moment de baisser le rideau, de tout reprendre à zéro.



L’important dispositif de sécurité déployé à Toulouse pour la venue du Premier ministre, samedi 25 septembre, a fait indirectement au moins une victime.

Une Toulousaine a été empêchée par les forces de l’ordre de rejoindre sa mère qui mourait à l’hôpital.

Les ordres sont les ordres. Et quand ils sont appliqués dans la rigidité et sans aucune humanité, on arrive parfois à des situations ubuesques. Et dramatiques. C’est ce dont a été victime Michelle, une Toulousaine âgée de 71 ans, samedi matin à Toulouse.

Appelée de toute urgence pour se rendre au chevet de sa mère mourante, Michelle n’a pu rejoindre Jacqueline, âgée de 92 ans, et l’accompagner dans ses derniers instants. Cela à cause des barrages de police mis en place à l’occasion de la visite du Premier ministre à Toulouse, qui empêchaient pratiquement de passer de la rive droite à la rive gauche de la Ville rose.

« Vous n’avez qu’à écrire »

Jacqueline était hospitalisée depuis six jours aux soins palliatifs de l’hôpital Joseph-Ducuing, rue de Varsovie. Ce samedi matin à 11h45, Michelle se présente à pied (l’hôpital est à un quart d’heure de marche de son domicile, situé sur la rive droite) au pont Saint-Pierre, qui lui est interdit d’accès par un représentant des forces de l’ordre.

Malgré l’impérieuse nécessité avancée par la Toulousaine, la réponse du fonctionnaire est formelle : impossible de passer, seul le pont des Catalans est ouvert (soit à pied une quarantaine de minutes de plus). « Et si vous n’êtes pas contente, vous n’avez qu’à écrire ».

Michelle prend un bus et arrive à l’hôpital à 12h30. Sa mère était décédée depuis un quart d’heure. Que dire ? Si ce n’est que la bêtise est parfois quasi criminelle…


Photo d’illustration : La septuagénaire n’a pu franchir le barrage de police. Photo DDM illustration, Michel Viala

Philippe Emery

LaDepeche.fr

26 septembre 2021