Frédéric Taddéi a posé récemment la question de la crise de la virilité et j’aimerais y répondre, de la manière la plus virile, en précisant toutefois que, contrairement à la véritable autorité qui se légitime sans violence, la tyrannie n’est pas virile.

Commençons par là, la question de la virilité et celle du pouvoir sont absolument indissociables. Aujourd’hui il y a crise car virilité et pouvoir ont été dissociés. Les monarques, les rois, les empereurs étaient fiers de leur nom et assumaient virilement la responsabilité de leurs actions même si elles devaient entacher leur nom, ils agissaient à visage découvert sous leur propre nom et ne craignaient donc pas d’être démasqués, ils craignaient plutôt Dieu. Ceux qui détiennent actuellement le pouvoir réel, le pouvoir financier, agissent dans l’anonymat, dans la plus grande lâcheté et la crainte d’être démasqués, tout le contraire de la virilité donc. En effet, un des grands piliers de la haute-finance internationale c’est l’anonymat, en plus du libre-échange, un anonymat qui n’assume donc aucune responsabilité. C’est-à-dire que de puissants financiers pourtant responsables de la ruine de pays entiers ne seront jamais inquiétés par la justice. Pour tout dire, les États sont maintenant à la merci de ces puissants intérêts privés, décennies après décennies ils cédèrent peu à peu aux exigences sournoises de la finance privée, et ainsi de nouveaux statuts apparurent, Société Anonyme, Société À Responsabilité Limitée, etc… Le groupe privé BlackRock, dirigé par Larry Fink, un juif américain, pèse 7000 milliards de dollars, et le budget annuel de la France tourne autour de 300 milliards… Qui contrôle qui ? Qui est à la merci de qui ? La seule virilité aujourd’hui consiste à tenter de démasquer ces puissances financières qui répandent le chaos et qui tiennent à rester anonymes… Virilité messianique… Arrivé à ce point de mes réflexions épuisantes, la secrétaire de Frédéric Taddéi serait gentille de m’apporter un café, ou plutôt un thé à la menthe, merci. Je profite de cette petite pause pour rappeler que l’humour n’est pas le monopole de l’homme, les femmes peuvent tout à fait être drôles, une femme qui s’échine à avoir des manières d’homme c’est amusant. Mais pas séduisant, et encore moins gracieux. La grâce féminine, si rare de nos jours, est précieuse en cela qu’elle est un appel vers la grâce divine. Oui, un thé à la menthe, sans sucre, merci.


Oui…, je disais que les femmes sont capables des mêmes actions héroïques guerrières que les hommes : l’Égyptienne Iâhhotep Ire, régente de la XVIIIe dynastie pharaonique, la Kahina, reine berbère, ou Jeanne d’Arc…


Il est vrai que la virilité se développe dans son rapport à la femme. Un homme qui ne cède pas aux artifices, aux simulacres d’une femme, c’est viril. Un homme qui incline plus vers la justice que vers la vengeance, c’est viril ; méfiez-vous de la vengeance d’une femme ! La virilité se développe aussi dans son rapport à la morale. Un homme qui vit d’arnaques, d’escroqueries ou de commerce cocaïné, ce n’est pas viril, même s’il circule en Lamborghini avec trois putes de luxe accrochées à son cou. Un homme laborieux qui fait vivre honnêtement sa famille lors même qu’il pourrait céder à la facilité de trafics très lucratifs mais sordides, c’est viril. Imposteurs et parasites ne sont pas virils. L’immoralité n’est pas virile. Et rien n’est plus immoral que la haute finance apatride. À ce propos, un grand administrateur de cette haute finance, Lloyd Blankfeïn, un juif américain, déclarait il y a peu qu’il n’était « qu’un banquier faisant le travail de Dieu » et « que la morale n’était pas son buziness ». Du coup, si je comprend bien, son « Dieu » n’est pas moral, il est même carrément immoral. Et comme ce type est juif… alors Yahvé… Bref. Pour revenir à nos moutons, le Veau d’or n’est pas viril, Lucifer déchu n’est pas viril, Satan n’est pas viril… les démons ne sont pas virils. Être possédé par le démon de l’argent ou du pouvoir ce n’est pas viril. Être possédé, être pris… dans tous les sens du terme…, ce n’est pas ce qu’il y a de plus viril. L’excès, la démesure, le vice ne sont pas virils. Violer une femme après l’avoir tabassée, est-ce vraiment viril ? Inversement, protéger ou sauver une femme sans abuser d’elle est tout à fait viril. La maîtrise des instincts réclame parfois plus de force que leur virile libération… Au fond, la probité, la loyauté, la fidélité, l’affrontement à la vérité, à la justice, le combat héroïque pour repousser menaces et dangers au péril de sa vie, sont éminemment virils… choses dont sont éminemment capables les meufs, enfin je veux dire les femmes…, c’est la fatigue. Je rajouterais bien un peu de thé à la menthe. Oui…, je disais que les femmes sont capables des mêmes actions héroïques guerrières que les hommes : l’Égyptienne Iâhhotep 1ère, régente de la XVIIIe dynastie pharaonique, la Kahina, reine berbère, ou Jeanne d’Arc tant admirée par les nationalistes français actuels qu’elle aurait menés à coups de trique ! Arrivé à ce point de ma réflexion, je me rends compte que la virilité n’est pas du tout propre aux hommes, et que je ne sais plus ce qui est propre aux hommes en définitive. La science ? Non. Les femmes ont prouvé qu’elles pouvaient être brillantes dans ce domaine. Peut-être le génie créateur ? Non ?… Vous avez déjà écouté les compositions musicales de Clara Schumann ?… Bof. Et je vous parle pas du blabla incessant de George Sand. En tous cas, il y a une situation où homme et femme se différencient nettement : face à un serpent dans la cuisine. La femme hurle et fuit, l’homme garde le silence et trouve un moyen de se débarrasser de la bestiole. Finalement, tout bien considéré, être viril c’est écraser victorieusement la tête du Serpent, et être féminine c’est préparer un bon repas pour célébrer cette victoire.

Finissons cette réflexion philosophique avec une touche de poésie. Tout ce dont est capable une femme n’est pas forcément féminin. Le féminin a plus à voir avec la vie qu’avec la science ou la guerre. Le féminin est la voile dionysiaque d’un navire qui accueille les intuitions, les sentiments, les émotions, l’ivresse des sens, les passions qui agitent le navire en tous sens, qui le font « vivre », et la virilité est le gouvernail apollinien qui fait avancer ce navire, voile et gouvernail étant aussi nécessaires l’un que l’autre. Résumons-nous sans caricature, le chaos est féminin (Anne Hidalgo nous l’a suffisamment démontré), voilà pourquoi, assez souvent, les femmes, les Juifs et assimilés sont si heureux dans le chaos néolibéral ; quant à l’ordre, lui, il est viril. Un tout dernier mot, la virilité n’est pas une fin en soi, ni la féminité d’ailleurs, l’un comme l’autre ne sont qu’un chemin vers la libération de l’âme. On pourrait dire simplement que, au bout du compte, féminité et virilité sont une dialectique spirituelle vers la connaissance de soi.