C’est à peine croyable ! Ces chiffres sont d’une violence inouïe et démontre à quel point la société française s’est déshumanisée ! Comment peut-on en arriver à laisser les gens mourir de froid dans la rue en ayant accumulé autant de richesses et de moyens ?! C’est bien E. Macron qui avait dit à la préfecture du Loiret le 27 juillet 2017, qu’il n’y aurait plus de SDF  : « La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues. Dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. » ? On nous explique que le contexte de cette phrase concernait les migrants ; et après ! Ces derniers sont-ils prioritaires où ont-ils plus de droits que les SDF autochtones ? Bref, ces morts sont sous la responsabilité des élites au pouvoir. Ces « élites » n’ont pas de quoi être fières ; elles ont les vies de ces hommes et leur sang sur les mains.


Depuis le début de l’année, en seulement cinq semaines, au moins trente-deux personnes sans domicile fixe sont mortes dans les rues de France !

C’est presque une personne par jour, révèle le collectif « Morts dans la rue » qui s’efforce d’attirer l’attention sur ces drames.

Malgré les efforts de certaines villes et ceux, remarquables, de nombreuses associations, encore trop de familles avec enfants, de personnes jeunes ou âgées, malades, françaises ou étrangères, restent abandonnées aux rigueurs de l’hiver. Va-t-on attendre encore de nouveaux drames pour s’indigner collectivement de cette situation sans se mobiliser davantage ?

Les dispositifs d’urgence saturent. En 2018, des familles ont été remises à la rue car elles ne remplissaient pas les conditions pour être prioritaires. Celles-ci se durcissent au point d’être parfois absurdes comme exiger d’une personne la preuve qu’elle est à la rue ! Ou inhumaines quand on déboute une famille ayant un enfant malade ! (1)

S’il faut agir dans l’urgence pour loger ceux qui risquent de mourir de froid et de violence, il faut aussi éviter de telles situations.

Or, une grande partie des sans domiciles fixes sortent des structures comme l’Aide à l’enfance, les prisons, les hôpitaux psychiatriques, sans préparation ni accompagnement suffisants : « Au lieu d’un nouveau départ, c’est parfois le moment d’une nouvelle chute pour les personnes les plus fragiles. » (1)

Les témoignages sont inquiétants : « J’ai eu l’impression d’être trahi, je ne pensais pas qu’ils allaient m’abandonner comme ça. J’étais perdu », se souvient un ex-mineur non accompagné. Plus d’un tiers des jeunes sans domicile fixe âgés de 18 à 25 ans ont été placés en protection de l’enfance (1). Il en va de même pour les malades : « Ils nous placent à l’hôpital mais ne trouvent pas de solution après. On me disait que je n’étais pas capable d’avoir un logement. Alors je suis resté comme ça, un certain temps à la rue », témoigne l’un d’eux. Les prisonniers sont aussi concernés : « À la sortie, j’étais à la rue, j’ai dormi dans ma voiture pendant quatre mois et demi. »

Pourtant, il existe des solutions comme le démontre la Finlande avec sa politique du « logement d’abord » pour « garantir un lieu de vie permanent à chacun, avec accompagnement personnalisé si besoin ». La Fondation Abbé-Pierre demande de « mettre en œuvre une véritable stratégie de « logement d’abord » à l’échelle nationale » et d’y consacrer les moyens nécessaires.

Photo d’illustration : Depuis le début de l’année, en seulement cinq semaines, au moins 32 personnes sans domicile fixe sont mortes dans les rues de France. | DANIEL FOURAY / OUEST FRANCE

Ouest France