Les réseaux virtuels clament si fort que l’apocalypse nucléaire est à nos portes que j’ai décidé de me confesser, au cas où. Vous devriez y penser… ça peut faire du bien. Évitez de perdre du temps, de l’énergie et de l’argent chez un psychanalyste, qui s’empressera de saccager votre lumière intérieure jusqu’à en faire un marécage puant très lucratif. Oui, votre lumière intérieure, la clairière de l’être… comme disait Heidegger, qui avait quand même quelques qualités. Et en particulier cette qualité de reconnaître des qualités aux autres, à Husserl en particulier, « Husserl m’a implanté les yeux », écrivait-il ; les yeux de la phénoménologie… Bon allez, je bavarde, je bavarde…, et je n’ai toujours pas plongé dans mes confessions. Notez tout de même qu’il y a aussi une grande qualité peu courante chez les hommes et les femmes, celle de ne pas humilier ceux qu’on méprise, quand on peut les humilier. Je dois bien confesser que j’ai humilié autant que j’ai pu et humilie encore autant que je peux humilier ceux que je méprise. Les larbins du Pouvoir… les serviles… les orgueilleux… les parasites… les nuisibles… les déchets… la vermine… la gangrène… Ça en fait beaucoup. Notez que certains, comme ceux qui voudraient brûler tous les livres de philosophie à la faveur d’un livre religieux ayant fait deux milliards d’adeptes, s’infligent eux-mêmes sans le vouloir une humiliation dès qu’ils ouvrent la bouche, tout comme ceux qui voudraient brûler toutes les nations pour sauver les Juifs en qualifiant cette éradication comme la plus moralement pure… La pureté par l’éradication, vous connaissez ? Ça ne vient pas de sortir, c’est sorti il y a plus de deux-mille ans… Il y a finalement deux ennemis de l’humanité : celui qui manipule la sagesse et sa recherche jusqu’à nuire à l’humanité en la noyant dans un déluge de liberté des mœurs, et celui qui enferme ou voudrait enfermer jusqu’à la mort l’esprit de chacun dans un dogme exclusif. Cela dit, je précise que je distingue quand même ceux qui m’inspirent du mépris et ceux qui m’inspirent de l’antipathie. C’est pas pareil. Et pour confesser jusqu’au bout mon approche de l’humanité, il y a enfin ceux qui m’inspirent de la sympathie. Mais sympathie n’est pas estime. Et apprécier n’est pas estimer, pas encore. En écrivant ces lignes, je me rends compte, au fond, je le confesse, que je n’ai d’estime pour personne. En y réfléchissant bien, je n’ai d’estime que pour le requin blanc, le seigneur indomptable des mers et des océans… Beaucoup d’estime aussi pour Errol Garner. Ainsi que pour Alexandre le Grand…, sans oublier Mike Tyson, Ragnar, Wagner… et Raspoutine. Vous allez me dire, quel est le rapport entre Raspoutine et Errol Garner… eh bien, une originalité démentielle et une puissance d’accomplissement irrésistible. Quant à l’estime de moi-même, c’est une pente vers l’orgueil, une pente redoutable qui – j’ai la faiblesse de le croire – ne m’a pas encore attrapé. Puisque j’ai décidé de tout vous confesser, je vais donc vous dire le plus grave, mon crime inexpiable, ma faute impardonnable : je ne me suis pas engagé dans les services secrets iraniens et n’ai donc pas pu mettre hors d’état de nuire Netanyahu. Fautif de ne pas avoir apprit le perse et l’hébreu, déjà. On est tous un peu coupable de ne pas mettre hors d’état de nuire les ennemis de l’humanité. Au lieu d’étudier le perse et l’hébreu, j’ai étudié la philo. Jamais on a autant méprisé la philo qu’en ces temps troubles et violents. Mais y a-t-il encore des philosophes… qui ne paniquent pas face à la mort, comme Badiou… mais qui considèrent plutôt, comme Platon, que être sage c’est apprendre à mourir ; je préfère dire pour ma part : apprendre à vivre éternellement… La Grèce a apporté une merveille à l’humanité : la philosophie, la recherche libre de la sagesse, sans a-priori. Et Jésus-Christ a lui aussi apporté à l’humanité une merveille impérissable : la confession. Et quand on mêle confession et philosophie, on peut obtenir des chefs-d’œuvre, Saint Augustin, Rousseau, Musset… Je dois faire aussi une terrible confession, je ne cède pas au pessimisme ambiant, ne voyant pas, comme beaucoup, la destruction totale et finale arriver. « Tout ce qui était n’est plus. Tout ce qui sera n’est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux », écrivait déjà Musset il y a près de deux siècles. Pour ma part, j’entrevois plutôt dans cette accélération des évènements le terme annoncé d’une libération. Vous allez me dire, libération de quoi ?! Eh bien, libération de l’humanité des mensonges millénaires qui l’écrasaient. Nous arrivons dans des temps où l’on n’aura plus besoin de démasquer les malveillants, ils se démasqueront en se ridiculisant eux-mêmes. Confessions malgré eux !… À leur insu. Ils n’oseront plus ouvrir la bouche en public. C’est plus fort que moi, je crois en la souveraineté suprême du bien. Comme il y a eu et il y aura les faux prophètes, il y a eu et il y a encore les faux bienveillants. Que de désillusions en vue… ! Venons en maintenant au plus dur, ce que j’ai de plus honteux à confesser : je prétends avoir quelque chose de précieux à apporter à l’humanité, emportée par les ténèbres. Quelque chose de hautement précieux en ces temps d’extrême bestialité triomphante : un peu de sagesse. Et je suis persuadé que cette prétention n’est pas de l’orgueil !… Ni du narcissisme. C’est grave, docteur ? Mais attendez, vous n’avez pas entendu le plus honteux : je voudrais être le juge de l’humanité ; être indulgent avec les humbles et sans pitié aucune avec les orgueilleux, les vaniteux, les malveillants, les manipulateurs, les haineux (qui souvent se haïssent eux-mêmes), les faux bienveillants, les parasites avec le masque de la bienveillance, les serpents, les acharnés de la bestialité… considérant que c’est par la plus grande douleur qu’on peut, chez certains, faire sortir la plus grande douceur. Comme le poète doit saigner pour créer. J’ai toujours pensé que si notre Créateur nous éprouve tant c’est parce que « les plus désespérés sont les chants les plus beaux », comme disait la muse de Musset. Arriverai-je un jour au bout de mes confessions ?… Y arriverai-je vivant… au milieu de tant de violence… la violence et la bestialité étant malheureusement les seules choses pas artificiels dans cette société artificielle… Je dois aussi confesser une certaine haine en moi…, oui, la haine envers ceux qui veulent prendre le pouvoir, pour se faire obéir des autres, au doigt et à l’œil… Confesserais-je que je voudrais voir brûler ces âmes avides de domination cruelle et sadique… si tant est qu’une âme puisse brûler. On dit qu’une âme brûle d’amour, elle peut donc brûler de haine. Et si cette haine est éternelle, alors elle brûlera éternellement. Dernière et ultime confession, j’avoue que je serais très heureux que vous lisiez mon dernier roman, Un Mashiah averti en vaut deux, et que vous me disiez ce vous en aurez pensé. Voilà. Une dernière chose à confesser, inaudible pour certains, ma foi au divin ne s’appuie pas sur des preuves ontologiques, ou scientifiques, ou morales… : la beauté énigmatique, la beauté inélucidable des femmes est pour moi la preuve la plus convaincante de Dieu, de la grâce divine et de tous les mystères divins réunis.
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