Pour gouverner un pays, il faut d’abord savoir gouverner son clan, et pour gouverner son clan il faut d’abord savoir gouverner sa tribu, mais pour gouverner sa tribu il faut d’abord savoir gouverner sa famille, et pour gouverner sa famille il faut d’abord savoir se gouverner soi-même, enfin, pour savoir se gouverner soi-même, il faut savoir gouverner son cœur, disait Confucius. J’ajouterais humblement que c’est par l’esprit que l’on apprend à gouverner son cœur, l’esprit de vérité, et que, inversement, c’est par le cœur que l’on apprend à bien guider son esprit. Pour toutes ces raisons, emportée par l’émotion et le simulacre, la foule ne peut pas se gouverner elle-même, et malheureusement, du peuple à la foule il n’y a qu’un pas. Même si les poches vides d’un peuple sont souvent pleines d’idéals, celui-ci espère le plus souvent la venue d’un chef providentiel car le plus souvent se laisse berner et gouverner par des tyrans ou des truands, qui ne gouvernent qu’en ayant recours à l’émotion, le simulacre et la fausse information (oui, la « fake news », aujourd’hui on est obligé de traduire en anglais quand on s’adresse aux Français !). La propagande, quoi. Exemple de propagande dans le genre mastoc : Thierry Ardisson a affirmé publiquement il y a quelques semaines que « les pays qui ont perdu leurs Juifs ont beaucoup perdu » et que, « en Allemagne il n’y a pas eu de prix Nobel depuis 1945 ». Après vérification, il y a eu en Allemagne 62 prix Nobel depuis 1945 ! S’il y avait en France un gouvernement digne de ce nom, Thierry aurait reçu 62 coups de fouet en place publique. Le pire c’est qu’il aurait été capable d’aimer ça ! La politique est un spectacle destiné à subjuguer les foules, à les soumettre. La vérité se dérobe à toute spectacularisation, à toute mise en scène, on ne peut gouverner par la vérité. L’idéal de Confucius est un idéal inatteignable, ou si rarement atteignable. La vérité ne se découvre, ne se dévoile que dans l’intimité des cœurs. Finalement, la bonne politique serait une politique idéale qui ferait advenir parmi le peuple ce découvrement, ce dévoilement, celle qui, comme Spinoza, considère que « le bonheur n’est pas la récompense de la vertu mais la vertu elle-même ». Pour comprendre pleinement cette pensée de Spinoza, il faut en venir à ne plus s’identifier au sujet de la récompense et du châtiment mais à s’identifier à la vertu elle-même. Le peuple, lui, s’identifie pleinement au sujet de la récompense et du châtiment. Le peuple ne peut donc être ni heureux ni libre, car pour être libre il faut se gouverner soi-même. Voilà pourquoi la vermine politique ne s’arrêtera jamais de promettre au peuple « bonheur » et « liberté ». Le peuple ne libérera jamais les âmes qui le constituent, qu’on se le dise. « Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », est la plus grande foutaise qu’on n’ait jamais formulée ici-bas. Si les peuples étaient sages, ils ne se laisseraient gouverner que par Dieu et ses anges. Les représentants du peuple ne peuvent être que des imposteurs et ses porte-parole que des escrocs. Le Messie ne sera ni un représentant du peuple ni son porte-parole. Le Messie abolira le peuple pour en libérer les âmes car les âmes n’en peuvent plus d’être incarnées en peuple, elles n’aspirent qu’à retrouver leur famille spirituelle. Il ne s’agit pas de libérer les peuples mais de libérer les âmes qui constituent un peuple, ceux qui prétendent vouloir libérer un peuple sont d’emblée des escrocs. Le peuple est déjà une aliénation. C’est l’abolition dialectique du peuple qui libérera ceux qui le constituent.