Vous comprenez peut-être maintenant pourquoi Macron met des années à se débarrasser du glyphosate alors qu’il passe son temps à expliquer qu’il travaille durement pour protéger le climat et l’environnement ainsi que la santé des Français…


En France, impossible pour des entreprises de financer les partis politiques : c’est interdit par la loi.

En revanche, au Parlement européen, pas de problème : n’importe quelle multinationale peut donner de l’argent aux partis. Y aurait-il à Bruxelles comme des conflits d’intérêts ?



Novembre dernier, à Madrid (Espagne). L’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE), organise son congrès. Ce jour-là, La République en Marche (LREM) dépêche une émissaire pour annoncer son alliance avec le parti centriste européen. « L’ALDE est le noyau avec lequel En Marche veut construire cette coalition », déclarait sous les applaudissements Astrid Panosyan, déléguée à l’action internationale du parti d’Emmanuel Macron.

« Cela peut biaiser le jeu démocratique » (Corporate European Observatory)

Nous avons parcouru le programme de ce congrès politique. Surprise, il était financé par de grandes entreprises, et pas des moindres : Google, Walt Disney, Microsoft et même… Bayer, le  fabriquant du glyphosate depuis le rachat de Monsanto ! D’après le Parlement européen, depuis les dernières élections en 2014, les entreprises ont donné plus de 425 000 € à l’ALDE, loin devant les autres partis européens qui comptent des députés français.

Des financements légaux, jusqu’à 18 000 € par an et par entreprise, mais qui posent la question du conflit d’intérêts. « Ces financements sont pour ces entreprises une chance supplémentaire d’influencer les politiques, dénonce Margarida Silva, chargée de campagne pour l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO). Cela peut biaiser le jeu démocratique, parce que ce n’est plus “un citoyen, un voix” mais plutôt, « celui qui a le plus d’argent qui a le plus d’influence ».”

L’ALDE assume et rappelle que ces financements représentent moins de 4% de son budget. « On est tout à fait en mesure de refuser cet argent si cela ne colle pas avec nos…