(FILES) This file photo taken on October 31, 2017 shows Britain's Defence Secretary Michael Fallon leaving 10 Downing Street after the weekly meeting of the cabinet in central London. Michael Fallon has resigned as Defence Secretary, a Downing Street spokesman said, Wednesday evening, November 1, 2017. / AFP PHOTO / Tolga AKMEN
Le ministre de la Défense avait été nommé en juillet 2014. TOLGA AKMEN/AFP.

Tout le monde sait que la caste politique, plus spécifiquement les hommes, est une très grande consommatrice de sexe comme l’ont prouvé de nombreux livres dont on a parlé ici (Lire Sexus Politicus de Deloire et Dubois…). Différents scandales de ce type ont défrayé la chronique ces deux dernières décennies. Rien de nouveau sous le soleil… Sauf que quand une telle affaire explose en Angleterre, le ministre impliqué démissionne alors qu’en France il reste à son poste toute honte bue ! Sacrée différence…


Michael Fallon est accusé d’avoir posé sa main sur le genou d’une journaliste au cours d’un dîner, lors de la conférence du parti conservateur, en 2012.

Le ministre a reconnu n’avoir peut-être « pas été à la hauteur ».

C’est une conséquence concrète de la multiplication des accusations de harcèlement sexuel en Grande-Bretagne: le ministre de la Défense britannique a démissionné de son poste, mercredi.

Michael Fallon, en fonction depuis juillet 2014, a été mis en cause nommément dans un article publié cette semaine dans The Sun . Le tabloïd revenait sur le cas d’un ministre qui avait, à plusieurs reprises, touché le genou d’une journaliste lors d’un dîner en 2002, jusqu’à ce que la reporter lui demande de cesser, indiquant calmement que s’il continuait, elle allait « lui envoyer un coup de poing ».

La journaliste concernée, Julia Hartley-Brewer, avait elle-même relayé l’histoire lors d’une émission de radio, en choisissant de ne pas donner le nom du ministre. « Je n’ai pas été victime de harcèlement sexuel », avait-elle ensuite écrit en réponse à un tweet relayant l’enregistrement. Par la suite, face aux nombreuses réactions et sollicitations liées à ce récit, Julia Hartley-Brewer avait publié un communiqué expliquant que cette affaire ne lui avait pas causé de problème particulier.

« Je n’ai pas été victime », tempérait la journaliste

«Je n’ai pas été une victime et je ne souhaite pas participer à ce qui me semble être devenu une chasse aux socières à Westminster», affirmait-elle sans détour. «J’ai travaillé dans l’univers de Westminster pendant vingt ans, et d’après ce que je sais, les incidents relevant d’un véritable harcèlement sexuel ne concernent qu’un petit nombre de membres du Parlement de tous les partis.»

The Sun a néanmoins choisi de révéler, dans son édition de mardi, que Michael Fallon était le ministre incriminé. Ce dernier l’a reconnu auprès du journal. Après la publication de l’article, la reporter a rappelé sur Twitter que la scène avait eu lieu il y a quinze ans et renvoyant vers son précédent communiqué.

Michael Fallon juge qu’il n’a « pas été à la hauteur »

La mise au point n’a pas empêché la mise en difficulté de Michael Fallon, aujourd’hui âgé de 65 ans. Dans sa lettre de démission (lisible en anglais ci-dessous), le ministre admet que son comportement passé a pu «ne pas avoir été à la hauteur des hautes exigences» de sa fonction. Selon la BBC, Michael Fallon estime toutefois justifié que le Parlement britannique s’attaque sérieusement à la question du harcèlement qui l’agite actuellement.


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La journaliste Julia Hartley-Brewer a réagi en tweetant la nouvelle assortie d’un juron expression anglaise très familière exprimant la surprise.

La première ministre Theresa May a réagi, selon la BBC, affirmant qu’elle appréciait le «sérieux» avec lequel Michael Fallon avait considéré son rôle et «l’exemple» qu’il entend donner «aux fonctionnaires et aux femmes et à chacun».

Une enquête vise un autre membre du gouvernement

Cette démission intervient alors que le gouvernement britannique fait face à une multiplication d’accusations d’agressions et de harcèlement sexuel à Westminster et que Theresa May a fait part de sa volonté de mettre en place de nouvelles mesures pour lutter contre ces comportements. Une enquête a notamment été annoncée par le gouvernement, cette semaine, dans l’affaire d’un secrétaire d’État accusé d’avoir notamment fait acheter des sextoys à son assistante parlementaire lorsqu’il n’était que député, en 2010.

Mercredi, une liste de plus d’une trentaine de ministres actuels ou anciens et de députés conservateurs accusés de comportements inappropriés ou d’agressions sexualles a par ailleurs fuité sur Twitter, suscitant la colère de certains membres du Parlement et accentuant encore un peu plus la tension sur ce sujet au Royaume-Uni.

Ces différentes révélations ont notamment été encouragées par le contexte de l’affaire de harcèlement sexuel impliquant le […]


Le Figaro