Comme on pouvait s’y attendre, la plus haute juridiction du pays a réagi aux déclarations catastrophiques d’Emmanuel Macron à Jérusalem concernant l’affaire Halimi. La première présidente et le procureur général ont tenu à rappeler que le chef de l’État n’a pas à s’immiscer dans une affaire judiciaire auquel cas tout le système s’écroule. Cette déclaration d’Emmanuel Macron démontre à quel point ce président est un amateur. D’autant que c’est extrêmement insultant, il ne lui reste plus qu’à accuser la cour d’appel et la Cour de cassation d’antisémitisme !


La première présidente et le procureur général de la plus haute juridiction du pays rappellent le chef de l’Etat à son devoir d’indépendance.

Emmanuel Macron s’était prononcé en faveur de la tenue d’un procès.

Le texte est bref mais le message limpide. Dans un communiqué rédigé ce lundi, la Cour de cassation adresse une aussi sérieuse que rare mise au point au chef de l’Etat à la suite de ses récents propos sur l’ affaire Sarah Halimi. « Le besoin de procès est là », avait indiqué Emmanuel Macron le 23 janvier devant la communauté française en Israël, alors que l’affaire est encore pendante devant la plus haute juridiction du pays.

« La première présidente de la Cour de cassation et le procureur général près cette Cour rappellent que l’indépendance de la justice, dont le président de la République est le garant, est une condition essentielle du fonctionnement de la démocratie. Les magistrats de la Cour de cassation doivent pouvoir examiner en toute sérénité et en toute indépendance les pourvois dont ils sont saisis », écrivent ainsi Chantal Arens et François Molins dans ce communiqué commun. De quoi faire siffler les oreilles d’Emmanuel Macron.


Une affaire qui déchaîne les passions

Le 19 décembre 2019, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rendu un arrêt très discuté dans cette affaire sensible qui déchaîne les passions. D’une part, elle a reconnu qu’il existait des « charges suffisantes »…


Photo d’illustration : « Le besoin de procès est là », avait déclaré Emmanuel Macron le 23 janvier, alors qu’il était en déplacement en Israël. REUTERS/Abir Sultan

Timothée Boutry

LeParisien

27 janvier 2020