Le nom de ce sinistre individu a été cité par d’ex-officiers de l’armée comme ayant exécuté des hommes politiques sur ordre de sa hiérarchie (Général Smaïn Lamari, Général Larbi Belkheir, …), certains s’étant produits alors que l’ex-président Liamine Zéroual était ministre de la Défense nationale dans le gouvernement du Haut Comité d’État ; ce qui, d’ailleurs pourrait expliquer sa démission brutale. Quant à la torture, c’est avec zèle et « raffinement » qu’il s’y employait. Le témoignage du Président Liamine Zeroual est capital à ce sujet, d’autant que lui-même a dénoncé l’existence à cette époque d’escadrons de la mort.


Le parcours du patron des services algériens et homme de main des Bouteflika qui vient d’être congédié par le chef d’état major Gaïd Salah, comporte de nombreuses zones d’ombre.

La « démission » du général Athmane Tartag, dit Bachir et dit encore « Bombardier », qui remplaça le général Toufik en 2015 à la tète des services algériens, pourrait ouvrir la voie à un procès de ce militaire suspecté des pires atrocités durant la décennie noire. D’après certains témoignages, ce militaire pourrait avoir été en effet un des pires tortionnaires du régime algérien pendant la décennie noire.

« Le monstre de Ben Aknoun »

Le général-major, surnommé le « monstre de Ben Aknoun » par les familles de disparus des années noires, échappera-t-il au procès qui pourrait lui être intenté devant la Cour pénale internationale pour crime de guerre ? Il est en effet connu en Algérie pour avoir dirigé, de 1990 à 2001, le Centre principal militaire d’investigation (CPMI) de Ben Aknoun, près d’Alger, où était pratiquée, à la chaîne, la torture d’opposants militaires ou civils soupçonnés d’accointances avec le Front Islamique de Salut. Sans parler de leur liquidation quand ils n’étaient pas « récupérables »

(lire à ce sujet le rapport du MOAL – Mouvement Algérien des Officiers libres –  publié en 2005 par Algérie-Watch).



Il y a quelques jours à Alger, des familles de disparus ont manifesté sur les marches de la Grande poste en brandissant les photos de leurs proches victimes de la répression. Le président Bouteflika a toujours refusé d’ouvrir des enquêtes sur ces « disparitions ». Ce rassemblement n’a certainement pas échappé à Ahmed Gaïd Salah…


Mondafrique [Rédaction]