L’affaire Galvan risque de se répéter à Rabat, mais cette fois-ci avec deux crapules de l’élite marocaine. Le culot et l’impunité de ces deux fils de militaires sont insupportables, une mobilisation populaire à l’image de l’affaire Galvan est essentielle pour rétablir la justice.

Le procès des jeunes filles, dont l’une agressée et l’autre violée, qui devait avoir lieu ce matin a été reporté au 7 octobre prochain. Les avocats des accusés ont cependant réclamé leur liberté provisoire. La Cour d’appel n’a pas encore statué, mais cette demande suscite autant l’indignation que les faits qui leur sont reprochés.

C’est l’autre affaire qui secoue actuellement la société civile marocaine. C’est aujourd’hui que la Cour d’appel de Rabat devait rendre son verdict concernant l’agression de Jihane et le viol d’Hiba, deux jeunes filles de 17 ans.

Des manifestants disent « non » à l’impunité

Alors qu’une séance à huis clos avait démarré ce matin, le procureur a renvoyé le procès au 7 octobre prochain. Mais les avocats des accusés ont eu le temps de formuler la demande de liberté provisoire des accusés. Deux jeunes hommes qui n’ont cessé de répéter qu’ils sont « des fils de » au moment de l’agression.

En marge de la séance, une foule de citoyens observait un sit-in devant le siège de la Cour d’appel. Leur but : « dire « non » à l’impunité », signale à Yabiladi Tilala Arahmouch, l’une des organisatrices. D’après elle, si les agresseurs de Jihane et Hiba venaient à être libérés, ce type de cas serait dorénavant difficilement punissable.

L’AMDH veut croire que ces « fils de » resteront derrière les barreaux

La Cour d’appel de Rabat devra rendre sa décision dans les prochaines heures. Et l’AMDH veut croire en la bonne foi des autorités. « Je ne crois pas qu’elles vont l’accepter. Mais si elles le font, ce serait vraiment injuste. On ne peut pas libérer des personnes dont beaucoup d’éléments prouvent la culpabilité », nous confie le vice-président de l’AMDH, Abdelilah Benabdeslam.

Sur le réseau social Facebook où une page est dédiée au soutien aux familles des victimes, la demande de liberté provisoire des accusés choque autant que les faits qui leur sont reprochés. « Non pas sérieux, aucun avocat n’oserait demander cette libération », s’indigne Mhamed I., estimant que « nous avons des enfants à protéger ». Samira E., quant à elle, crie à la « catastrophe ». « Pourquoi attendre jusqu’au mois d’octobre ? Ce sont des violeurs. Ils doivent être punis tout de suite », déclare la jeune dame. Et d’ajouter désabusée : De toute façon, il fallait s’y attendre avec toute cette machine judiciaire corrompue ». « Il faut que justice soit faite », martèle une autre internaute.

A présent, tout le monde attend le verdict de la Cour d’appel. Si jamais il est favorable aux accusés, cela pourrait déclencher une nouvelle vague de contestation, à l’instar de celle déclenchée par la grâce royale du pédophile espagnol.

  • Source :
    http://www.yabiladi.com/articles/details/18853/affaire-jihane-and-hiba-avocats-accuses.html