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Bolloré : i-Télé avant l’arrivée de Morandini « prenez vos chèques ou fermez vos gueules » !
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Bolloré : i-Télé avant l’arrivée de Morandini « prenez vos chèques ou fermez vos gueules » ! 

iTélé


La grande classe démocrateuse dirigée par le CAC 40 est en marche et montre chaque jour son vrai visage. La violence du système lorsqu’il est dominé par l’argent est très forte et semble ne plus avoir de limite en France. Il n’y a absolument plus la moindre étincelle de morale ou d’éthique dans ces entreprises qui ressemblent plus à un McDo qu’autre chose. Lorsque l’on sait quel rôle important peut avoir une entreprise d’information pareille, on est en droit de carindre le pire pour le futur proche.

Reste au peuple de montrer qui commande, car si personne ne regarde leurs soupes indigestes, ils finiront par cesser de diffuser leurs sornettes.


La direction de la chaîne d’info du groupe Canal+ a proposé aux journalistes opposés à l’arrivée de Jean-Marc Morandini de quitter l’entreprise avec des indemnités.

Elle envisage par ailleurs le retour d’Eric Zemmour

Ce vendredi matin, au sein du groupe Canal+, pendant que Cyril Hanouna tentait sur C8 de faire trente-cinq heures consécutives de direct et que l’émission s’enfonçait dans la beauferie (jusqu’à l’agression sexuelle), la société des journalistes (SDJ) d’i-Télé avait rendez-vous avec la direction de la chaîne d’info en continu. Leur patron, Serge Nedjar, leur a fait une proposition : ceux qui sont en désaccord avec l’arrivée la semaine prochaine de Jean-Marc Morandini à l’antenne, contre laquelle la rédaction ferraille, peuvent activer leur «clause de conscience». D’après l’article L7112-5 du code du travail, ce dispositif permet à un journaliste de rompre son contrat lorsqu’un «changement notable dans le caractère ou l’orientation du journal ou périodique […] crée, pour le salarié, une situation de nature à porter atteinte à son honneur, à sa réputation ou, d’une manière générale, à ses intérêts moraux». Avec des indemnités à la clé, en l’occurrence un mois de salaire par année d’ancienneté, à condition de se décider avant le 21 octobre. Une petite semaine pour changer de vie professionnelle ! On doute que ce délai soit légal, et ce n’est sûrement pas le seul problème juridique posé par cette hallucinante tentative de transaction. Mais ça se passe comme ça chez Vincent Bolloré, l’actionnaire de référence de Canal+.

«Ils sont fous, s’étrangle une figure d’i-Télé. La rédaction est sonnée comme jamais. L’ambiance est délétère. Ce nouvel épisode montre la haine et le mépris que la direction a à notre égard. Ils nous disent : « Prenez vos chèques ou fermez vos gueules ».» En termes policés, dans une lettre signée par le président du directoire de Canal+, Jean-Christophe Thiery, et envoyée ce matin aux salariés, cela donne : «Cette possibilité […] permettra à ceux qui ne sont pas prêts à relever avec nous le défi de l’arrivée de Franceinfo et LCI et le redressement de cette chaîne [iTélé, ndlr] qui est lourdement en perte depuis cinq ans, de quitter l’entreprise dans le respect de leurs intérêts.»

Au service communication de Canal+, qui sort ses plus grandes rames pour justifier la décision, on tente une explication acrobatique : «C’est la SDJ qui la première a fait implicitement référence à la possibilité d’une clause de conscience». Allusion à un communiqué datant du 7 octobre, dans lequel la SDJ explique que l’arrivée de Morandini, mis en examen notamment pour «corruption de mineur aggravée» est «de nature à porter atteinte à notre honneur, à notre réputation et d’une manière générale à nos intérêts moraux». Soit à peu près dans les mêmes termes que l’article du code du travail définissant la clause de conscience.

Sans cap stratégique et sans direction réelle depuis l’avènement de Bolloré à Canal+, la rédaction de la chaîne d’info en continu, dont les audiences ont commencé à se tasser, ne sait plus où elle habite. Fin juin, elle a observé quatre jours de grève après l’annonce d’une cinquantaine de suppressions de postes. Une première motion de défiance avait alors été votée, avant une seconde cette semaine. L’incertitude a redoublé ces derniers temps avec, d’une part, l’annonce de l’installation prochaine dans le même immeuble de Direct Matin, le quotidien gratuit du groupe Bolloré, connu pour le caractère flexible de sa déontologie. À i-Télé, on craint un rapprochement entre les deux médias.

D’autre part, la chaîne sera rebaptisée CNews le 24 octobre, date à laquelle doit être engagée une refonte éditoriale. «Mais à dix jours de ce changement, on n’est au courant de rien, se lamente un journaliste. Ni la grille, ni les animateurs, ni le projet.» Interrogé à ce sujet par Libération jeudi, lors de la présentation des nouvelles offres d’abonnement de Canal+, le directeur des antennes du groupe, Gérald-Brice Viret, nous a indiqué que la chaîne serait recentrée sur «deux thématiques fortes, le cinéma et le sport», sans plus de précisions. Ce n’est pas forcément stupide. Mais pourquoi la seule modification annoncée jusqu’à présent n’a-t-elle rien à voir avec ce dessein ? A partir du 19 octobre, Morandini doit animer une émission consacrée aux médias. Il fallait voir jeudi la tête de Gérald-Brice Viret, regardant ses pompes, mutique, avec l’air confus d’un petit garçon pris en flagrant délit de mensonge, lorsqu’on lui en a fait la remarque…

L’arrivée de l’animateur, empêtré dans un scandale de supposés faux castings masturbatoires et de harcèlement, n’est pas le fait du patron des antennes. Ni de ses supérieurs directs. «A Canal, tu ne trouveras personne, du sol au plafond, qui pense que c’est une bonne idée», se désespère un responsable de l’entreprise. En réalité, Morandini a été imposé par le big boss en personne, Bolloré. Au sommet de Vivendi, dans le premier cercle du milliardaire, on ne s’en cache même pas : «Vincent a une sorte de dette envers Morandini, un ami. Parce qu’il a été un formidable levier d’audience aux débuts de Direct 8.» Le journaliste a présenté une émission, déjà sur les médias, quelques mois après le lancement sur la TNT, en 2005, de cette chaîne créée par Bolloré. Plus de dix ans après, le nouveau magnat des médias tient à l’en remercier.

De la même façon, il pourrait bientôt faire plaisir à un autre proche, Eric Zemmour. Limogé d’i-Télé en décembre 2014 après une énième sortie douteuse sur l’islam, le pamphlétaire est toujours en procès avec Canal+ pour rupture abusive de contrat et réclame des indemnités de licenciement. «De fait, on discute avec lui», avoue une source très proche du dossier. «Si Zemmour revient sur i-Télé, ce sera face à quelqu’un de gauche, plus à gauche que Domenach [son ex-contradicteur dans Ça se dispute, ndlr]», a même précisé jeudi àLibération Gérald-Brice Viret. On a connu démenti plus fervent… Auprès de l’AFP, le chroniqueur du Figaro a qualifié son retour à i-Télé de«rumeur infondée». L’expression est suffisamment équivoque pour ne pas enterrer un […]

Jérôme Lefilliâtre

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