Le lendemain du premier tour des municipales de Nice, des agents municipaux ont assisté médusés à un ballet inhabituel : des milliers de documents administratifs passaient à la broyeuse dans trois sites névralgiques — la mairie centrale, l’immeuble Connexio et le Plaza. Des sacs-poubelles de 240 et 660 litres remplis de sacs poubelles de dossiers entiers. Des photos géolocalisées et horodatées prises par les agents eux-mêmes en attestent. La mairie parle de « rangement » (sic). Le timing parle autrement !
Le contexte rend cette destruction massive particulièrement suspecte. Estrosi arrive deuxième au premier tour avec 30,92% des voix contre 43,5% pour Éric Ciotti. Pour la première fois depuis 25 ans, le maire sortant est en danger réel de perdre Nice au second tour. Des documents détruits en masse le lendemain du premier tour, alors qu’une enquête du Parquet national financier est déjà ouverte pour corruption et favoritisme autour des œuvres Orlinski — le bureau du maire avait été perquisitionné en mars 2025 — ce n’est pas un hasard de calendrier.
Ce n’est pas le seul scandale électoral niçois de cette semaine. Des bulletins de vote ont été détruits par la pluie avant le scrutin — la mairie avait la charge de leur stockage. L’associé de l’épouse d’Estrosi a été mis en examen et incarcéré pour l’affaire de la tête de cochon antisémite déposée devant son domicile. Une collaboratrice de l’équipe de campagne a été entendue comme témoin. Un ancien agent de la DST reconverti en détective a été mis en examen dans la même affaire…
Ce qui se passe à Nice depuis 15 jours ressemble trait pour trait à la gouvernance d’un appareil politique aux abois. Intimidation de l’opposant écologiste à Arcachon par le maire LR Foulon. Destruction de documents à Nice. Affaire de la tête de cochon impliquant l’entourage direct d’Estrosi. Bulletins abîmés. Enquête financière en cours. Ce n’est plus une série de coïncidences — c’est un système.
La question que doit se poser le procureur de la République de Nice est simple : détruire des documents administratifs en masse, la veille d’un second tour et en pleine enquête judiciaire, constitue-t-il une entrave à la justice ? La réponse est dans le code pénal.

































