Encore une fois on ne peut que constater que nous vivons une période apocalyptique qui lève le voile sur tous les mystères qui ont pourtant duré parfois plusieurs siècles. Ce livre Sodoma contient le témoignage d’un prêtre du Vatican qui affirme que la curie serait composée à 80% d’hommes homosexuels ! Comment est-ce possible ? Alors que le pourcentage des homosexuels et de quelques pour cent seulement dans la population générale, comment se fait-il qu’on en arrive à 80 % au sein même du Saint des Saints, le Vatican. Faut-il rappeler que les textes sacrés du Vatican indiquent que l’homosexualité est une transgression divine et que les villes de Sodome et Gomorrhe ont été détruites à cause de cette pratique sexuelle. Du coup, comment se fait-il qu’il y ait autant d’homosexuels qui soient intéressés par la religion catholique au point de vouloir la contrôler et la diriger ? Nous savons que le plus grand sauna gay d’Europe appartient également au Vatican !

Toute personne douée de raison comprendra que le Vatican a été infiltré afin d’être détruit. Il n’y a aucune autre explication solide et convaincante à cette réalité plus que troublante. Si on ajoute à cela la mainmise de la mafia dans les finances du Vatican comme l’a très bien expliqué le journaliste britannique David Yallop dans son célèbre livre Au nom de Dieu, on comprend mieux la gravité de la situation.


Le livre de Frédéric Martel, traduit en huit langues, sort dans une vingtaine de pays. Le journaliste a enquêté pendant quatre ans sur l’homosexualité au sein de l’Église catholique.

Franceinfo vous résume l’essentiel de ces 630 pages.

« Bienvenue à Sodoma », lâche, en fin de discussion, un prêtre qui confesse les fidèles dans la basilique Saint-Pierre, au Vatican. Voilà pour la mise en contexte. Dans son livre Sodoma, enquête au cœur du Vatican (Robert Laffont), l’écrivain, sociologue et journaliste Frédéric Martel soutient qu’une majorité de prélats et de prêtres sont homosexuels. Le livre, traduit dans huit langues, paraît jeudi 21 février dans vingt pays. Et il lève le voile sur les pratiques en cours dans le clergé catholique.

L’ouvrage de 630 pages est le fruit d’une longue enquête : Frédéric Martel s’est immergé au Saint-Siège une semaine par mois pendant quatre ans. Aidé de 80 collaborateurs dans trente pays, il a également eu un accès exceptionnel à de nombreuses sources haut placées dans la hiérarchie ecclésiastique. Et, selon l’auteur, « la culture du secret sur l’homosexualité majoritaire au Vatican est une clé de lecture de beaucoup de décisions ou de prises de position morales du Saint-Siège » depuis cinq décennies. Voici les principaux points qu’il développe dans son livre.

Il y a une majorité d’homosexuels dans l’Église et au Vatican

« Au Vatican, comme vous allez le voir, il y a beaucoup de gays : 50%, 60%, 70% ? Personne ne sait », glisse un ambassadeur en poste à Rome. Quand l’auteur de Sodoma commence à enquêter, il a déjà entendu des rumeurs à ce sujet mais ne sait pas à quel point l’homosexualité est développée au sein du clergé. Après quatre ans d’enquête, il l’assure : une majorité des prêtres le sont. « Soixante à soixante-dix pour cent des séminaristes » actuels seraient gays, estime un prêtre en formation. Un autre séminariste, Andrea, confie n’avoir « eu la confirmation » de son homosexualité « qu’une fois entré au séminaire ». Il énonce une « règle » qu’il a pu vérifier : « Une grande majorité de prêtres ont découvert qu’ils étaient attirés par les garçons dans cet univers homo-érotique et strictement masculin que sont les séminaires. »

D’après ce qu’attestent de nombreuses sources citées par Frédéric Martel, l’homosexualité est si « omniprésente » qu’elle est tolérée dans l’Église, à condition qu’elle ne soit pas publiquement affichée. Pour l’auteur, seule une minorité de prêtres resterait fidèle au vœu de célibat prononcé lors de l’ordination. Les prélats inventeraient de nouvelles formes de concubinage, entre un supérieur et son assistant par exemple. L’auteur raconte son entretien avec un cardinal, « parmi les plus hauts gradés du Saint-Siège », qui vit avec son compagnon dans un appartement du Vatican. Quand le compagnon surgit à la fin de l’échange, le cardinal, gêné, le présente à l’auteur comme le « beau-frère de sa sœur décédée ».

« Avant les années 1970, l’Église était un refuge pour ceux discriminés au dehors, mais, depuis la libération homosexuelle, elle est devenue une prison », explique Frédéric Martel. Dans Sodoma, l’auteur soutient que le sacerdoce représentait une échappatoire pour des jeunes hommes qui craignaient alors d’assumer leur sexualité au grand jour et dans leur famille. L’Église leur apparaissait comme un lieu sûr pour vivre sans jugement. Renoncer au mariage pour le célibat à vie est perçu comme un « soulagement », d’après plusieurs témoignages, et la perspective d’une « vie entre garçons » bien plus attrayante. Le séminaire serait le moment du coming out, un « rite de passage », dans une intimité partagée entre jeunes hommes.

L’auteur établit d’ailleurs un lien avec la crise des vocations que traverse l’Église. L’homosexualité étant davantage acceptée et le mariage entre personnes de même sexe légal dans plusieurs pays, la vie sacerdotale n’apparaît aujourd’hui plus comme un « refuge » mais comme une « impasse » et n’attire donc plus, d’après Frédéric Martel.

Les ecclésiastiques les plus homophobes seraient en réalité homosexuels

Toujours selon l’auteur, les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI ont donné lieu à ce qu’il nomme « une croisade contre les gays ». Il s’appuie pour cela sur les nombreuses instructions publiées à ce sujet pendant ces décennies. Il décrit par exemple sous Benoît XVI « une armée d’homophiles et d’homosexuels qui va partir en guerre contre le mariage gay ». En croisant ses sources, il a établi que l’entourage des deux papes était en majorité homosexuel. 

« La réalité, c’est qu’il y a, au Vatican, une majorité de personnes homosexuelles avec du pouvoir », lui a ainsi répondu un ancien prêtre de la Curie. C’est l’une des grandes thèses avancées dans Sodoma : plus l’homophobie d’un prélat est forte, plus il est haut placé dans la hiérarchie, plus celui-ci serait en fait lui-même homosexuel.

« Même si personne n’ose l’avouer publiquement dans l’Église, tout le monde sait qu’on ne pourra pas mettre fin aux abus sexuels des prêtres tant qu’on n’abolira pas le célibat, tant que l’homosexualité ne sera pas reconnue dans l’Église. » Un évêque allemand interrogé dans « Sodoma »

Frédéric Martel prend notamment l’exemple d’un des cardinaux les plus anti-gays du Mexique. Lors de l’interview à son domicile, le cardinal est fier de montrer à l’auteur sa bibliothèque où trônent, sur plusieurs rayonnages, des livres sur l’homosexualité – livres que le cardinal promet, publiquement, à l’autodafé.

Un journaliste explique que « pour protéger le secret, on doit attaquer les gays en s’affichant très homophobe sur la place publique ». Selon de multiples témoignages, la relative ouverture du pape François à l’égard des homosexuels a déclenché au Vatican des réactions virulentes de la part de religieux pourtant homosexuels, de peur d’être démasqués. Une obsession anti-gays qui cache, parfois, écrit Frédéric Martel, une « double vie ».

Des prélats du Vatican ont recours à des migrants prostitués

Le livre dénonce aussi l’existence de réseaux de prostitution dont bénéficieraient des locataires du Vatican. Sous le pontificat de Jean-Paul II, un cardinal, surnommé « La Mongolfiera » dans le livre, avait recours à des intermédiaires qui constituaient pour eux un réseau de prostitués étrangers. L’auteur utilise des comptes-rendus de la police italienne pour avancer : « On recrute dans toutes les directions, notamment des migrants qui ont besoin d’un permis de séjour. »

Ce réseau de prostitution prend fin sous le pontificat de Benoît XVI, mais certains prélats sont accusés d’avoir toujours recours à des migrants prostitués à Rome. Près de 60 d’entre eux ont été interviewés dans le cadre de cette enquête. Plusieurs expliquent que les prêtres sont leurs clients les plus fidèles et les plus discrets. « Ils nous envoient juste un SMS ! » assure l’un d’eux. « Je suis parti trois jours avec un religieux. Il a tout payé. Normal », témoigne un autre.

L’épidémie de sida aurait fait des « ravages » parmi les prêtres homosexuels

Frédéric Martel mentionne plusieurs cas de prélats morts des suites du sida, qui a, selon lui, fait « des ravages dans l’épiscopat italien dans les années 1980-1990 ». C’est une autre révélation du livre, établie après plusieurs entretiens auprès du personnel soignant dans différentes cliniques romaines. Les prêtres seraient « l’une des catégories sociales les plus à risque » face à l’épidémie de sida, affirme Massimo Giuliani, un professeur spécialiste des infections sexuellement transmissibles qui exerce dans une clinique renommée en Italie. Il poursuit : « Nous avons vu venir ici beaucoup de prêtres, beaucoup de séminaristes séropositifs. (…) Nous pensons que le problème du sida existe très fortement dans l’Église. ».  Vivant dans le déni, les prêtres homosexuels sexuellement actifs sont peu enclins à se faire dépister et à se protéger. 

Le secret autour de l’homosexualité explique, en partie, la couverture des abus sexuels

Sodoma décrit un système qui perpétue une solide culture du secret, qui aurait permis de couvrir des scandales d’abus sexuels et de laisser des prédateurs agir pendant plusieurs années. Selon Frédéric Martel, des « prêtres ont couvert les abus par peur que leur homosexualité puisse être révélée » en cas d’enquête.

La culture du secret aurait été alimentée par les prises de position violemment anti-homosexuels de l’entourage de Jean-Paul II et Benoît XVI. Un théologien cité dans le livre accuse directement Benoît XVI : « Il n’a jamais vraiment fait la différence sur le plan théologique entre des relations sexuelles entre adultes, librement consenties, et les abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans. » Le livre liste plusieurs exemples de prélats plus enclins à dénoncer la progression des droits des homosexuels qu’à sanctionner les pédophiles identifiés dans leurs rangs.

Au Mexique, Frédéric Martel et ses collaborateurs sont partis, par exemple, sur les traces de Marcial Maciel, influent prêtre accusé d’avoir abusé sexuellement de « plus de deux cents victimes ». Il a été pardonné à plusieurs reprises par les papes Paul VI et Jean-Paul II. L’entourage des papes avait pourtant été alerté à plusieurs reprises. Toujours selon l’auteur, les cardinaux au courant vivaient dans « le mensonge sexuel » et auraient choisi de ne pas l’excommunier.

L’ex-cardinal américain Theodore McCarrick aurait été, lui aussi, couvert par plusieurs évêques et cardinaux. L’entourage du pape François assure avoir d’abord eu connaissance de « relations homosexuelles » de McCarrick avec de « jeunes séminaristes » et l’avoir « immédiatement sanctionné » quand des abus sexuels sur mineurs ont été établis.

La dissimulation de la pédocriminalité par les hauts membres du clergé réunit, en ce moment à Rome, 190 dirigeants de l’Église catholique. Venus du monde entier, ils ont été convoqués par le pape François pour proposer, d’ici dimanche, des « mesures concrètes » contre les agressions sexuelles sur mineurs perpétrées par des hommes d’Église.

 

Photo d’illustration : Le journaliste Frédéric Martel présente son dernier livre, « Sodoma », lors d’une conférence de presse le 20 février à Rome. (TIZIANA FABI / AFP)